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  • Un orage en montagne

    Est-il nécessaire de rappeler, ici, ma passion pour la montagne ? Elle représente pour moi des moments forts de l'existence, et, surtout, une source d'énergie inépuisable dont je me nourris chaque jour dans l'exercice des responsabilités qui me sont confiées.

    Cette semaine, après une réunion publique, j'ai retrouvé pour dîner, quelques amis, dont Jean-Louis, guide de haute-montagne avec qui je partage cette passion pour la montagne. Nous nous sommes alors remémorés une ascension qui nous laisse un souvenir inoubliable.

    Durant l'été 2006, nous avions décidé de passer plusieurs jours dans les Alpes pour préparer l'ascension du Cho Oyu. Pour cet ''entraînement'', notre choix s'était porté sur le Valais Suisse avec la traversée des Breithorn puis celle du Castor. Après une nuit au refuge Quintino Sella, nous avions prévu de poursuivre par la traversée des Lyskamm puis celle du Mont Rose avec l'ascension de la pointe Dufour et Norden, soit 10 sommets de plus de 4 000 m !

    Comme la météo avait annoncé des orages en fin de journée, nous avions décidé de partir le plus tôt possible pour profiter de ces lieux magnifiques avant la dégradation annoncée. Mais en montagne, rien n'est jamais certain et l'orage annoncé pour la fin de journée nous rattrapa dans la matinée, à près de 4000 mètres dans l'ascension du Castor, avec les premiers coups de tonnerre puis très vite les premiers éclairs.

    J'ai alors découvert le phénomène des " abeilles ", bien connu des alpinistes. Ce phénomène, marqué par la présence d'une grande quantité d'électricité dans l'air, est extrêmement impressionnant mais surtout très désagréable. Il donne véritablement l'impression d'avoir la tête dans un essaim d'abeilles !

    Grâce à sa très grande connaissance de la montagne, Jean-Louis nous fraya alors un passage face sud par lequel avec une énergie incroyable et en marchant le plus vite possible sur les arêtes, le souffle court, nous pûmes atteindre le refuge Quintino Sella.

    Une expérience que ni lui ni moi ne sommes prêts d'oublier !

    La montagne : une passion à partager !

    MdestotmontagneVoilà 5 ans, à l'occasion de l'année internationale de la montagne, qu'avec Alain Pilaud, Yves Exbrayat, Jean Louis Mercadié et l'ensemble des acteurs de la Maison de la Montagne, nous avons initié l'opération ''Jeunes en Montagne''. Cette année là, l'occasion nous était en effet donnée de faire partager notre passion.

    Grenoble faisait dire à Stendhal: " Au bout de chaque rue, une montagne… ". Pourtant nombreux sont les Grenoblois qui, pour des raisons diverses, se rendent peu voire pas du tout dans les massifs qui nous entourent. Nous avions alors décidé d'encourager la découverte, par les plus jeunes, de notre extraordinaire environnement naturel mais aussi celle de la randonnée, de l'escalade voire de l'alpinisme.

    Jeunemontagne_2La première expérience, l'ascension du dôme des écrins (4015 mètres) avec presque une centaine de jeunes Grenoblois reste pour moi un des moments les plus forts du mandat qui s'achève. Exigeant physiquement mais techniquement accessible, ce premier sommet a, pour beaucoup, été une véritable découverte révélatrice de sensations insoupçonnées.

    La montagne est en effet un formidable vecteur de courage, de ténacité, de dépassement de soi mais aussi, et cela n'est peut être pas suffisamment mesuré, de solidarité, d'entraide et d'esprit d'équipe.

    Agés de 13 à 17 ans, ils sont désormais plusieurs dizaines, filles et garçons, à partir chaque année gravir les sommets de nos massifs alpins et découvrir les activités de montagne. Porté par la Ville de Grenoble, le projet ''Jeunes en Montagne'' ne connaîtrait pas un tel engouement sans l'engagement et l'investissement des structures jeunesse de la ville et l'intervention des professionnels du bureau des guides de Grenoble. Je tenais à les saluer. Ils savent qu'ils peuvent compter sur notre soutien.

    Sur les liens suivants, trois vidéos retraçant quelques-unes de ces ascensions.

    http://www.grenoble-montagne.com/modules/smartsection5/item.php?itemid=562

    http://www.grenoble-montagne.com/modules/smartsection5/item.php?itemid=563

    http://www.grenoble-montagne.com/modules/smartsection5/item.php?itemid=564

    Retour sur une ''trilogie''

    Dans cette période chargée, Jean-Louis Mercadié, compagnon de nombreuses ascensions, m'a fait parvenir une vidéo qui retrace la journée (débutée à 0h00 et achevée à 21h40) lors de laquelle nous avions gravi les trois plus hauts sommets de Belledonne, Chartreuse et Vercors soit plus de 3500 mètres de dénivelé positif.

    Je vous invite à la découvrir.

    D'extraordinaires photos de montagne

    Tairraz Il y a quelques jours, en compagnie de Madame Tairraz, j'ai inauguré avec un grand plaisir l'exposition consacrée à "La Saga Tairraz".

    Tairraz ! Un nom mythique dans le monde de la montagne : quatre générations de photographes de montagne qui ont marqué de leur empreinte l'histoire de la photographie.

    A travers les œuvres de Joseph Tairraz (né en 1827) qui fit la première photographie du Mont Blanc, de Georges Tairraz (né en 1868) considéré comme le meilleur photographe de montagne de son époque, de son fils Georges Tairraz (né en 1900) qui ajouta le mouvement à la poésie de l'image fixe, et enfin de Pierre Tairraz, dernier de cette lignée de prestigieux photographes, qui s'attaqua à la photographie couleur, cette exposition nous convie à un formidable voyage vers les plus beaux paysages de montagne mais surtout elle retrace l'histoire même de la photographie.

    Eigerpierrewitt A titre plus personnel, elle m'a aussi permis de revivre par la pensée quelques ascensions de ces dernières années, Cervin et Eiger en tête !

    Accueillie par la Maison de la photographie, cette exposition est aussi symbolique de notre engagement à créer une véritable maison de l'image, qui serait la juste expression de la dynamique de notre ville dans ce domaine.

    ps : quelques très belles photos de montagne : http://www.pierrewitt-photographe.com

    Disparition du conquérant du toit du monde

    Ehillary Plus d'un demi-siècle après avoir atteint le sommet de l'Everest avec son ami, le sherpa Tensing Norgay, Sir Edmund Hillary est mort, vendredi 11 janvier, âgé de 88 ans.

    C'est le 29 mai 1953 que cette force de la nature, qui mesurait 1,90 m, a atteint le toit du monde (8 848 mètres) dans la chaîne de l'Himalaya.

    Une ascension que beaucoup pensaient humainement impossible. Un exploit qui fit le tour du monde et marquait le début d'une vie empreinte d'aventures, de grands défis, de découvertes, mais surtout d'humilité.

    "Les héros que j'admirais dans ma jeunesse semblaient posséder des aptitudes et des vertus inaccessibles au commun des mortels. Je désirais fortement les égaler mais n'ai jamais réussi à me hisser à leur niveau. Transi de peur dans les moments de danger, je trouvais difficile de produire la force tranquille dont sont faits les héros… J'ai découvert que même les médiocres peuvent avoir des aventures et même les peureux peuvent réussir".

    Ainsi s'exprimait Edmund Hillary. Il n'aimait pas qu'on le perçoive autrement que comme un "type très ordinaire".

    Et pourtant, Sir Hillary avait cette force peu commune qui lui permit de transformer ses rêves en réalité, une générosité, un humanisme qui guida toute sa vie, et notamment son engagement en faveur du peuple sherpa, dont il n'a eu de cesse, à travers de nombreuses fondations, d'améliorer les conditions de vie.

    Aujourd'hui, le monde de la montagne vient de perdre un grand Monsieur, un grand alpiniste au sens le plus noble du terme.

    Pour ma part, bivouaquant à 6000 mètres en Himalaya à l'automne 2006 et patientant dans l'attente d'une fenêtre météo qui n'est jamais venue, bien souvent, je revoyais dans ma tête, cette photo d'Hillary après l'ascension de l'Everest…

    Disparition de René Desmaison

    Desmaison_2La famille de la montagne est en deuil.

    C’est avec une émotion intense que je viens d’apprendre le décès de René Desmaison. La disparition de cette grande figure de l'alpinisme français, qui était devenu mon ami, me remplit d'une immense tristesse.

    Guide de haute montagne et précurseur du grand alpinisme hivernal, des Alpes aux Andes en passant par l'Himalaya, René Desmaison avait ouvert des voies exceptionnelles, qui resteront gravées dans la mémoire de tous les alpinistes.

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    Un week-end bien occupé

    Dibona Après l'inauguration festive et populaire de la piscine sud et une cérémonie à la synagogue à l'occasion de Yom Kippour, j'ai quitté Grenoble samedi en fin d'après-midi pour monter au refuge du Soreiller fêter les 50 ans de ce refuge bien connu des grimpeurs de l'Oisans.

    Un anniversaire qui rassemblait toute la grande famille montagnarde de l'Oisans et du Dauphiné, et notamment le club montagne de la STD (Société des Touristes du Dauphiné), propriétaire du refuge. J'ai retrouvé avec plaisir Bernard Mifsud, Président de la STD et directeur de projet à la Ville de Grenoble mais aussi Roger Canac, ancien Président du syndicat national des guides de montagne et la famille Turc, famille historique de guides, gardienne de ce refuge.

    Profitant des excellentes conditions météorologiques, j'en ai profité pour réaliser, avec un couple d'amis, l'ascension de la Dibona en parcourant plusieurs voies granitiques de la face sud : 7 d'un coup, les cannelures Stofer et la voie Boell - Le Ray.

    L'occasion de rendre une nouvelle fois hommage au Général Alain Le Ray, grande figure de la résistance, décédé il y a quelques mois et de saluer la mémoire d'un ami avec qui je partageais cette passion indéfectible pour la montagne.

    Record battu

    Trilogie_3 Malgré une semaine chargée, je n'ai pas voulu renoncer à une journée en montagne programmée de longue date. Contrarié par une météo capricieuse, je n'avais pas pu, cet été, réaliser les quelques courses que je souhaitais. J'avais donc décidé de tenter de rééditer ce dimanche la trilogie des trois plus hauts sommets de Belledonne, Chartreuse et Vercors.

    Partis de Grenoble à minuit et après avoir successivement gravi la Croix de Belledonne (de nuit !), Chamechaude et le Grand Veymont soit au total 3500 mètres de dénivelé positif, nous avons avec Jean-Louis Mercadié, l'ami guide qui m'avait accompagné l'an dernier au Cho Oyu, rejoint notre point de départ juste après 21h30 en améliorant mon précédent record de plus d'1h30. Je crains qu'il me soit difficile de faire mieux lors d'une prochaine tentative mais ce n'est pour autant que je n'essaierai pas !

    La montagne donne beaucoup mais prend aussi

    Lyskammtraversee_07_7 Cette année encore la montagne frappe durement la communauté montagnarde.

    C'est avec une vive émotion que j'ai appris la disparition de quatre étudiants grenoblois et d'une cordée savoyarde hier, sur l'arête de Bionnassay.

    J'avais eu moi-même l'occasion, il y a deux ans, de gravir ce sommet : une course superbe, marquante dans une carrière d'alpiniste mais difficile et délicate comme j'avais pu le constater.

    Si la montagne est synonyme d'exploit, de rêve, de joie, si elle nous procure ces moments uniques qui expliquent la passion des alpinistes, ces drames nous rappellent aussi combien la montagne peut être exigeante et imprévisible.

    Aujourd'hui, j'ai une pensée émue pour les familles, à qui j'adresse mes plus sincères condoléances et tout mon soutien.

    Les Jeux Olympiques dans les Alpes en 2018 !

    JoAu lendemain de l’annonce de la désignation de la ville de Sotchi en Russie pour l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver de 2014, j'ai participé hier à la conférence de presse de création de l’Association " La Montagne pour 2018 ".

    Présidée par Pierre Mazeaud, ancien Président du Conseil Constitutionnel et alpiniste chevronné, réunissant les trois villes qui avaient fait connaître leur volonté de candidature, cette association s'est donné pour objectif de promouvoir auprès du Comité National Olympique et Sportif Français, l’idée de la candidature d’une ville française à l’organisation des JO d’hiver de 2018.

    Je suis convaincu en effet qu'une candidature française aux Jeux Olympiques serait une formidable opportunité pour la montagne française, confrontée à une concurrence mondiale en matière de développement sportif, économique et touristique. Cette conviction est, je le sais, partagée ici à Grenoble mais aussi en France puisqu'un sondage réalisé récemment a montré que 85 % des Français sont favorables au principe d'une telle candidature.

    Je suis heureux que cette initiative ait permis de féderer l'ensemble du monde de la montagne : les villes concernées, les collectivités, le milieu économique et les sportifs; tous présents à nos côtés hier avec notamment de nombreux champions olympiques comme Florence Masnada, Isabelle Blanc, Edgar Grospiron, Anne Floriet, Christine Rossi, Carole Montillet ou Florence Baverel Robert.

    A nous désormais de faire partager au CNOSF et au Gouvernement ce désir d'une nouvelle aventure olympique !

    Disparition au Népal

    C’est avec beaucoup d’émotion que j'ai appris mardi matin, la disparition de 4 jeunes grenoblois partis à l'ascension d'un des grands sommets himalayens de près de 6000 m d'altitude : le Paldor.

    Un des alpinistes est le frère d'un ami, guide de haute montagne, avec lequel j'ai gravi un sommet dans les Alpes, cet été. Je sais l’inquiétude des familles. Si l’ascension des sommets Himalayens est un rêve que j'ai moi même expérimenté, vous l'avez d'ailleurs partagé avec moi durant près de 5 semaines, nous savons tous que la montagne est dangereuse et qu’elle peut reprendre ce qu’elle nous accorde.

    J'ai contacté M Jolivet ambassadeur de France au Népal pour faire le point sur la situation et connaître les opérations de secours qui sont entreprises et le cas échéant entrevoir avec lui si mon aide pouvait être utile. Je suis par ailleurs en contact avec le responsable des CRS des Alpes qui a reçu l’autorisation d’intervenir si nécessaire.

    Mes pensées accompagnent les familles et les proches de ces jeunes montagnards.

    Un dimanche matin en Belledonne

    Voilà trois semaines que je suis rentré de mon expédition himalayenne. Les tâches municipales, parlementaires et nationales ont repris leurs cours, m’imposant un rythme très soutenu, peu compatible avec d’autres activités.

    Et pourtant, j’ai du mal à oublier complètement la montagne.

    Dimanche dernier, j’ai réussi à " voler " quelques heures pour monter à la Croix de Belledonne, avec Thibault Leduc et Emmanuel Armand. Cette randonnée est belle. J’ai toujours plaisir à la refaire. Tout en cheminant, mes pensées vagabondaient, revenant immanquablement sur les pentes du Cho Oyu et sur ces 5 semaines entre Népal et Tibet, entre rêve et réalité …

    Katmandou, dimanche 1er octobre

    Entre Chine et Népal, la route de l’amitié parcourt un no man’s land de quelques kilomètres sur un itinéraire délabré, un peu vertigineux, très glissant, qui conduit à un pont que l’on franchit à pied. Chacun chez soi ! Le Népal s’ouvre alors à nous avec sa végétation verdoyante et même luxuriante. Quel contraste ! Encore presque quatre heures de route et nous revoilà à Katmandou, point de départ de notre peu banal voyage.

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    Shuang Mu, samedi 30 septembre

    Nous voilà arrivés à Shuang Mu , poste frontière chinois. Demain matin, nous passerons au Népal, direction Katmandou.

    Ce matin, nous sommes descendus, Jean-Louis, Stéphane et moi au camp de base intermédiaire où nous attendait une jeep qui nous a permis de rallier Old Tingri et de reprendre la route de l'amitié jusqu'à Shuang Mu. La longue descente jusqu'au camp de base intermédiaire a été l'occasion d'une méditation sur ces cinq semaines passées en Himalaya. De temps en temps, je me retournais pour observer le Cho Oyu, enrubanné de nuages qui semblaient jouer comme un gros chat avec des souris. Et, à chaque fois, l'émotion m'envahissait, les larmes me montaient aux yeux, j'essayais de me contenir, poussé, peut-être, par une éducation où l'on vous apprend à maîtriser vos sentiments et à surmonter vos émotions. Mais à plus de 5000 mètres, Jean-Louis assez loin devant, Stéphane derrière, j'éprouvais une sensation de grande solitude dans laquelle se bousculaient mille pensées, heureuses et malheureuses. Des pensées qui me revenaient de cette période passée aux abords du toit du monde. Cette découverte extraordinaire de ces deux pays, Népal et Tibet, de ces deux peuples, de deux capitales, Katmandou et Lhassa, de ces paysages fantastiques des hauts plateaux tibétains et puis, la révélation de la chaîne himalayenne, l'Everest et le Cho Oyu.

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    Cho Oyu, CBA, vendredi 29 septembre

    Il y a des jours qui marquent une vie plus fortement que d'autres. Ce 29 septembre (jour de la St Michel, ironie du sort) est de ceux-là. Nous étions montés hier au Camp 1 dans l'optique de tenter le sommet (Camp 1, jeudi – Camp 2, vendredi – Camp 3, samedi – Ascension du sommet, dimanche).

    Mais, hier soir, au camp 1, après une montée plutôt facile dans le beau temps, nous avons pris connaissance du dernier message de Yan Giezendanner "attention alerte, changement de météo, abondantes chutes de neige pour ce week-end, retour au camp de base avancé, confirmation sous 24 heures".

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    Cho Oyu, Camp 1, jeudi 28 septembre

    Nouvelle journée de beau temps sur le Cho Oyu. Nous avons quitté ce matin le CBA et, en dehors de Bernard qui a préféré renoncer, nous sommes bien arrivés au camp 1. La 3ème fois pour moi, la 4ème pour Jean-Louis.

    Nous sommes tous les deux en bonne forme. Demain, nous tenterons de joindre le camp 2 en espérant que la trace et l'équipement de l'Ice Fall le permettront.

    Cho Oyu, CBA, mercredi 27 septembre

    Cba1 La nuit a été plutôt fraîche (- 10°). La journée a été, elle, belle et ensoleillée comme prévu. Météo France nous fournit des informations de très grande qualité, particulièrement précieuses. Yan Giezendanner, le routeur officiel de Météo France, installé à Chamonix, mérite, une nouvelle fois, sa réputation et notre estime. La précision de ses messages (état du ciel, force et orientation du vent, température) est impressionnante !

    Ce n'est d'ailleurs plus le temps qui nous fait souci. Nous savons qu'il fera beau les jours qui viennent. Notre préoccupation vient de l'état de la montagne et de l'accumulation de la neige. La réunion de coordination des expéditions tenue hier soir a décidé qu'une cinquantaine de personnes dont 15 sherpas et plusieurs guides de haute montagne tenteraient l'ascension du Cho Oyu à partir de demain jeudi. Notre groupe est compris dans ce nombre. Ce qui veut dire, à contrario, que la très grande majorité des expéditions (nous sommes plusieurs centaines au CBA) renonce au sommet faute de temps disponible et/ou compte tenu de l'état du manteau neigeux et des risques inhérents. Cette situation est évidemment pour nous source d'interrogations. Avec Jean-Louis, nous avons décidé de nous faire une idée nous-même en montant demain au Camp 1. S'il y a une chance de faire le sommet sans risque, nous la saisirons. Dans le cas contraire, nous adopterons la solution de la raison.

    A ce jour, contrairement aux années passées, personne n'a encore atteint le sommet. Le Camp 3 n'est toujours pas installé, le mur rocheux situé entre le camp 3 et le sommet n'est pas équipé et, depuis la dépression des jours derniers, la trace est à refaire depuis le Camp 1. Autant dire que ces données objectives pèsent lourdement dans l'analyse que nous faisons de la situation.

    Nous sommes le 27 septembre, soit 16 jours après notre arrivée au CBA. 16 jours donc aux alentours de 6000 mètres ayant permis une bonne acclimatation et la production d'un nombre conséquent de globules rouges. 16 jours pendant lesquels la lecture aura occupé une grande partie de mon temps libre. L'occasion de rattraper un peu de retard et d'ouvrir de nouveaux livres. Ainsi, ''La philosophie de ma vie'' de Youri Bandazhevsky (Journal de prison, Tchernobyl 20 ans après). Ainsi également, ''Sur le toit du monde'' de Peter Hopkirk (Hors-la-loi et aventuriers au Tibet). 16 jours enfin pour entretenir notre condition physique avec des trekkings quotidiens d'une heure ou deux. Hier avec Franck, Bernard et Blabla en direction du col Nangpa La, aujourd'hui avec Franck en direction du camp intermédiaire.

    Cho Oyu, CBA, mardi 26 septembre

    Chooyu_3Le beau temps est revenu. Il est pourtant difficile d'avoir une idée précise de l'état de la montagne. Aujourd'hui, quelques sherpas et grimpeurs de pointe sont montés au Camp 1. Il a, semble-t-il, beaucoup neigé. Ainsi, un Chinois resté au camp 1 a été délivré hier soir de sa tente ensevelie sous un mètre de neige. La montée doit être déjà difficile, on imagine ce que doit être la Keeler slope avec toute cette neige tombée. De mémoire de sherpas, on n'avait pas vu autant de neige, à cette saison, sur les flancs du Cho Oyu depuis 15 ans.

    En faisant le tour des expéditions, nous échangeons impressions et recueillons informations sur les décisions des uns et des autres. Beaucoup redoutent avalanches et plaques à vent. Ainsi, certains s'en retournent comme la grosse expédition chinoise et comme l'expédition américaine de Russell Brice qui fait autorité dans le domaine.

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    Cho Oyu, CBA, lundi 25 septembre

    Everestcho_oyu_depuis_pang_la_1 La neige est tombée en abondance cette nuit. Ce matin, le beau temps annoncé par les uns et par les autres semblait tarder à venir. Après quelques averses neigeuses dans la matinée et en début d'après-midi, les premiers rayons de soleil ont cependant percé vers 16h00 nous permettant enfin d'apercevoir à nouveau le Cho Oyu. Il n'est pour autant pas encore possible de savoir l'état précis de la montagne.

    Les informations qui nous sont communiquées sont contradictoires : certaines laissent entendre que la période de beau temps pourrait ne pas excéder 4 à 5 jours ; durée insuffisante pour purger les pentes et éviter risques d'avalanches et de plaques à vent, pour équiper les passages au-dessus du camp 2 et pour faire l'ascension proprement dite soit 5 jours, montée et descente comprises.

    Dans ces conditions, certaines expéditions, comme celle d'Odyssée, faute de temps encore disponible, doivent renoncer à poursuivre leur objectif d'atteindre le sommet et décident de rentrer en France.

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    Cho Oyu, CBA, dimanche 24 septembre

    Cba2 Il a neigé ; il neige et il devrait encore neiger un peu demain. Nous nous raccrochons aux informations météo qui annoncent le retour du beau temps pour mardi. En attendant, nous organisons au mieux notre temps libre. Douche, trekking, lecture, écriture, musique, quelques rencontres inattendues viennent aussi s'ajouter au menu quotidien soulignant au passage la publicité et l'efficacité de mon blog et d'internet. Ainsi, deux jeunes fraîchement diplômés d'HEC et le directeur du développement de la Fnac sont-ils venus me voir pour échanger un peu sur nos espoirs respectifs de tenter le sommet et pour parler de Grenoble, bien sûr.

    J'ai l'impression que l'acclimatation est correcte, en tout cas à l'altitude du CBA soit près de 6000 mètres. Il y a quelques jours, j'ai eu l'occasion de faire le point : taux de saturation en oxygène dans le sang, 83 ; rythme cardiaque, 67 : tension artérielle, 11,8.

    Je continue bien évidemment à suivre l'actualité sportive du week-end. Le GF 38 en battant Ajaccio poursuit son beau parcours et se maintient en tête de la Ligue 2, je m'en réjouis. De même, j'apprends la belle performance du FCG Rugby ; puisse cette première victoire lancer enfin leur saison. Quant aux Brûleurs de Loups, fidèles à leur réputation, ils sont déjà dans les équipes de tête de la ligue Magnus malgré une première défaite contre Rouen.

    Dans un tout autre registre, je sais que Jack Lang était à Grenoble hier pour rencontrer les nouveaux militants du PS que je salue très amicalement. Qu'ils sachent que la distance qui nous sépare géographiquement aujourd'hui est peu de chose et que nous restons proches par le coeur. A bientôt donc !

    Cho Oyu, CBA, samedi 23 septembre

    Il y a quatre semaines, nous quittions Paris pour Katmandou. Depuis, que de découvertes, que d'émotions fixées à jamais dans ma mémoire. Le Népal, le Tibet, l'Himalaya et surtout l'approche nouvelle d'un monde que je ne connaissais pas. Avec toujours en toile de fond, le Cho Oyu, la déesse de la turquoise, qui agit comme un aimant avec le pôle qui attire même s'il est pour moi à l'origine de beaucoup de sacrifices depuis un an mais aussi avec le pôle qui repousse quand on prend l'exacte mesure des difficultés que représente son ascension.

    Tentecba Il continue de neiger. Nous comptons les jours, les heures, en espérant que les routeurs météo du monde entier ne se trompent pas en pronostiquant le retour du beau temps dans deux jours. Certes, il faudra purger les pentes exposées ; certes, il faudra encore équiper certains passages au-dessus du camp 2 et mettre un terme à cette course de lenteur entre grosses expéditions chinoises et américaines qui explique largement le retard pris cette année comparativement à l'an passé. Mais l'essentiel est que puisse enfin s'engager notre progression vers le sommet.

    En attendant, replié sous la tente, je lis, j'écris, je réflechis à l'après. Cet après qui me permettra de retrouver Grenoble avec joie, de retrouver un quotidien souvent harassant mais toujours passionnant, de voir l'inauguration du pôle jeunesse sport culture du secteur 3, de poursuivre les discussions avec l'Etat sur le renouvellement urbain et social de la Villeneuve et du Village Olympique mais aussi et surtout de reprendre le rythme hebdomadaire de mes échanges avec les Grenoblois.

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    Cho Oyu, CBA, vendredi 22 septembre

    Cho_oyu_depuis_cb Il continue de neiger. Notre chef d'expédition nous annonce du mauvais temps pour les 3 jours à venir, avec des chutes de neige importantes en altitude. Nous essayons de recouper cela avec d'autres informations météo en provenance d'autres sources et notamment de Chamonix.

    La difficulté est d'avoir une idée la plus précise possible, de l'avenir sur les 10 jours restants pour notre expédition. Le compte à rebours semble cependant de plus en plus serré !

    Après les chutes de neige, il faut en effet le temps de purger les pentes, de finir d'équiper les voies et bien sûr, de tenir compte de la durée de l'ascension elle-même. Comme souvent dans pareil cas, l'incertitude pèse sur les esprits, l'attente paraît longue, très longue. Avec Jean-Louis, nous sommes plongés dans la perplexité sur la décision à prendre.

    La vie se poursuit cependant au CBA, où nous sommes contraints de vivre le plus clair de notre temps dans les tentes North Face jaunes 2 places, bien connues des alpinistes. On se retrouve trois fois par jour un peu serrés sous la tente mess, pour prendre nos repas avec l'ensemble du groupe.

    Annie Deschamps, le Directeur Général des Services, mon Directeur de Cabinet me rendent régulièrement compte des activités municipales. Les nouvelles grenobloises sont bonnes, je m'en réjouis.

    Cho Oyu, CBA, jeudi 21 septembre

    La nuit a été bonne. Les nuages se sont par contre installés ce matin sur les cimes puis il s'est mis à neiger. Toute l'équipe de l'expédition est à nouveau rassemblée au camp de base avancé. Tous auront dormi au camp 1, certains au camp 2. L'attente pour la tentative vers le sommet va donc commencer. Il faut encore équiper la montée au-dessus du camp 2 en direction du camp 3, ce qui est en cours depuis ce matin. Il faut de plus bénéficier d'une météo favorable, ce qui n'est pas acquis ! Pour rompre l'inactivité au CBA, nous entreprenons des trekkings. Hier avec Jean-Louis. Aujourd'hui avec Bernard, Jean-Louis ayant décidé de se détendre les jambes en faisant un aller-retour express au Camp 1.

    Je viens de relire, avec un peu de recul et de hauteur, l'ouvrage "Energie et climat : réponses à une crise annoncée'' que j'ai écrit cette année avec Achille Ferrari et Philippe Girard, deux spécialistes reconnus des questions énergétiques. Je remercie la Fondation Jean Jaurès et les Editions Plon de m'avoir permis de développer quelques idées personnelles, sur un sujet qui me semble essentiel. En effet, j'ai passé une partie de ma carrière dans le domaine de l'énergie. Au CEA d'abord, à l'Assemblée nationale ensuite en initiant notamment les journées parlementaires de l'énergie.

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    Cho Oyu, CBA, mercredi 20 septembre

    Cho_oyu_5Il a neigé cette nuit et les coulées sont visibles au-dessus du camp 2. Après une journée d'hier difficile pour moi, la nuit a été bonne ici au CBA, où nous reprenons nos habitudes de confort, certes relatif, mais bien agréable (douche, repas bien préparés…)

    Bernard est redescendu également au CBA. Les deux guides Jean-Marc et Fabrice, après une incursion au camp 2, sont également redescendus.

    Mon fils Matthieu s'en va, accompagné de sa femme Sandrine, faire le marathon de Berlin. Il a déjà couru à New York et Paris et espère bien descendre en dessous des 3 heures.

    Je reste émerveillé par son tempérament de battant. Esprit vif, doté d'une mémoire exceptionnelle, ingénieur chez Alcatel, ayant déjà pour son âge de fortes responsabilités, il trouve le temps de s'entraîner à bon niveau. Il est aussi un bon alpiniste capable d'une concentration telle qu'il fixe des itinéraires avec précision dans sa mémoire. Il m'est arrivé de lui téléphoner, hésitant dans une voie d'ascension sur une course que nous avions faite ensemble, et de l'entendre me décrire avec précision l'itinéraire à prendre.

    Je garde de nos courses des souvenirs émus : sa première montée au Mont Blanc à peine âgé de 13 ans, la traversée de la Meije avec Jean-Louis (c'était d'ailleurs notre première course avec ce dernier), la plupart des voies normales de l'Oisans et de la Vanoise, de nombreux sommets de plus de 4000 dans le Valais et, bien sûr, l'Aconcagua avec son frère Vincent, son ami Alban, Jean-Louis et moi, sommet atteint le 3 janvier 2002.

    En cette fin de semaine, mes pensées les plus ardentes et les plus affectueuses se tourneront donc vers Berlin.

    Cho Oyu, CBA, mardi 19 septembre

    Cho_oyu_au_coucher_de_soleilLa nuit a été longue, une nouvelle fois, à plus de 6400 mètres. Ce matin, nous avons fait le point avec Jean-Louis. Est-il utile de rester encore à cette altitude ? Il ne semble pas, en tout cas pour certains, dont moi, que dans la compétition acclimatation - dégradation, le bilan soit positif.

    De plus, la montée au sommet au-dessus du camp 2 n'est toujours pas équipée. Le temps n'est pas stabilisé, les chutes de neige quotidiennes rendent les choses plus difficiles. Nous avons donc décidé de redescendre au CBA où les conditions de récupération et d'attente sont les meilleures. Nous remonterons par étape – Camp 1, Camp 2, Camp 3 – lorsque les conditions d'ascension pour le sommet seront réunies.

    J'ai pris connaissance du sondage réalisé dans la première circonscription de l'Isère. Il confirme ce que nous ressentions et espérons c'est-à-dire les chances de Geneviève Fioraso de l'emporter face à mon prédécesseur à la mairie. Je m'en réjouis et redis à Geneviève mon soutien total et mon amitié fidèle.

    Cho Oyu, camp 1, lundi 18 septembre

    Cho_oyu_2 C'était, pour Jean-Louis et moi, notre première nuit à 6400 mètres. Notre record précédent datait de 2002. Il s'agissait alors du camp Berlin, à 5900 mètres, à l'Aconcagua.

    Jean-Louis se révèle bon cuisinier. Certes, nous n'avons plus droit aux omelettes et aux sympathiques petits déjeuners du CBA, mais soupe chinoise et nouilles hier soir, caviar d'aubergines, viande des Grisons, comté et chocolat noir à midi, ce n'est quand même pas mal !

    Mes pensées s'envolent souvent vers mon pays, et mon pays c'est d'abord Grenoble, ma ville où je vis avec ma femme, mes amis, mes concitoyens et mes montagnes. Grenoble dont je rêve souvent, pas seulement pour tenter de rompre avec la distance qui m'en sépare pour quelques semaines mais aussi et surtout pour imaginer de nouveaux projets. Car cette ville n'est elle-même que lorsqu'elle va de l'avant, avec le souci d'en faire une œuvre collective profitant à tous.

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    Cho Oyu, camp 1, dimanche 17 septembre

    Après un temps relativement plus doux hier, avec quelques chutes de neige, nous nous sommes levé ce matin avec un temps beau et froid, environ – 10 °. Alors qu’hier nous pensions rester quelques jours de plus au CBA pour parfaire notre acclimatation, nous avons décidé ce matin de monter au camp 1 et de nous acclimater à son altitude de 6430 mètres.

    Pour la seconde fois, nous parcourons donc les 5 kilomètres de moraine puis les pentes raides terminales soit au total 875 mètres de dénivelée positive.

    Nous allons adopter un nouveau style de vie, à trois sous la tente avec notre sherpa et nous devrons désormais faire nous-même à boire et à manger. Nous avons donc quitté Pemba, le chef de l’équipe de cuisiniers et de sherpas népalais et tibétains qui nous accompagne dans cette expédition. Lui-même Népalais, il a conquis ses lettres de noblesse avec cinq ascensions réussies de l’Everest. Parlant anglais, il veille avec efficacité et bonne humeur sur l’organisation et la logistique de notre aventure collective.

    Le plus gros du matériel nécessaire à l’ascension est arrivé au camp 1. Nous allons progressivement l’installer entre les différents camps d’altitude. Le groupe de l’expédition est désormais rassemblé ici au camp 1 à l’exception encore de Bernard que nous attendons car il avait du mal à monter. Deux couples composent également avec nous cette expédition : Patricia et Patrice sont de Chambéry, montagnards aguerris ; je les trouve en très bonne forme. Anne et Olivier sont québécois. Entreprenants, ils ont une bonne expérience de ce type d’expéditions.

    Le soleil a tapé fort toute la journée. En cette fin d’après-midi, il se met cependant à neiger. Nous devrons désormais nous habituer à ces changements rapides de temps et de température.

    J’ai pu joindre Annie Deschamps vendredi soir pour échanger sur le lancement de la consultation par Internet sur le budget 2007. Je suis satisfait que ce dispositif, auquel je tenais, se mette en place. C’est à mes yeux un élément important de participation démocratique et de prise en compte, par la population elle-même, de nos priorités municipales. Sur le fond, j’avais, avant de partir, proposé à mes collègues de la majorité municipale une inflexion sociale de nos orientations pour 2007. Ainsi, nous devrions améliorer la lisibilité de notre projet municipal avec un renforcement de la solidarité ainsi que de la démocratie participative.

    Pensées d'ici et de là-bas !

    Bien souvent le soir, au moment de m’endormir, je suis saisi d’un peu d’angoisse et d’anxiété. L’éloignement de Grenoble, des miens évidemment mais aussi de la gestion municipale, l’extrême difficulté de l’ascension qui nous attend, la découverte de hauteurs jamais atteintes n’y sont pas pour rien.

    Alors me reviennent à l’esprit les très nombreux messages d’encouragement et d’amitié dont beaucoup d’anonymes qui m’ont profondément touché et parfois ému.

    Comment oublier ce message fort et amical de Dominique Strauss-Kahn me rappelant qu’au Cho Oyu comme dans toute conquête, c’est le dernier mètre qui compte et qui m’indiquait qu’il penserait tout particulièrement à moi pour le 8201ème mètre de cette ascension?

    Comment ne pas être touché par la déclaration cordiale et enthousiaste de Pierre Mazeaud, dont je viens de relire le livre ‘’Everest 78’’ avec des sentiments de grande proximité?

    Comment rester insensible aux messages de mon ami Bernard Kouchner, messages adressés du Liban et d’Israël et par lesquels il m’indiquait aimer ma façon de faire de la politique? Comment ne pas trouver des forces supplémentaires dans les encouragements de mes parrains en montagne: René Desmaison et Robert Paragot?

    Et même quand Marie-Rose Dubedout déclare à mon épouse Marie que je suis ‘’dingue’’, comment ne pas y voir un peu de vérité et beaucoup d’affection?

    Merci donc de tout cœur pour tous ces messages amicaux venus de partout. Du préfet Michel Bart et de son épouse, du préfet Rondepierre et de son épouse, de Jean Therme, du procureur général Jean-Claude Vuillemin, du maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, des généraux Le Ray, de Puybusque, Martre, des unités de l’Union des Troupes de Montagne, du PGHM, du Président Gilles Dumolard, de la fondatrice de l'association Vivaldi, Clotilde Münch, des Etats-Unis (merci à Marilia et Damien, Alain et Ariane, Jeff et Susan, Amos et Sophie et tous les autres cousins), d’Afrique du Sud (merci à Ian et aux siens, à tous les cousins), de Belgique (merci à Francine, à Mathieu, à Chloé) du Royaume Uni (merci à Gérald), à Georges, Philou et Béatrice, à Jean-Pierre et Yvette.

    Merci à tous mes collègues, collaborateurs et amis grenoblois et parisiens. Vos messages m’ont profondément touché. Merci à Denis, Jérôme, Geneviève, à Marie et Alain, à Agnès et Michel, à René, à Guy, à Nhan, à Mireille, à Françoise, à Anne, à Mathieu, à Didier, à Ismaël, à Philippe, à Maud, à Haïder, à Jean-François, à Abdé, à Arnaud, à Delphine, à Julien et Aurélien, à Pascal, à David, à Samuel, à Jean-Luc, à Alexis, à Patricia, à Danielle, à Xavier, à François et Pierre, à Aymen, à Emmanuel, à Jean-Jacques V, à Hermès, à Chantal, Dominique et Jean et tous ceux de SIGNAP...

    Merci à Hassan et Laurette, Jean-Philippe, André, Louis, Michel, Daniel et Henri, Jean, Thierry, Frédéric, Sophie, François, Chantal, Moussi, Anne et Marie-Rose, Stéphane, Florence …

    Je n’ai pas été indifférent, bien sûr, aux témoignages d’amitié et de soutien du milieu économique, politique, sportif, culturel et associatif, du milieu de la presse aussi merci à Jean-Claude, à Didier, à Eric, Frédérique, Céline et tous les autres. Et comment oublier les plus proches avec lesquels je garde un contact quasi quotidien, Annie, Stéphane, Olivier et surtout Christine.

    Je veux redire, enfin et surtout, mon affection à toute ma famille qui suit mon aventure avec beaucoup d’attention, et je le sais, d’anxiété. A Marie du fond du cœur, à Vincent, Patricia, Bia et Léo, à Matthieu, Sandrine, Hugo et Inès, à Marilia et Damien, à Mayette et les siens, à mes parents bien sûr même s’ils ne sont plus toujours conscients de tout.

    Cho Oyu, CBA, vendredi 15 septembre

    La nuit dernière fut froide mais surtout perturbée par la présence d'un yack qui avait décidé de dormir juste devant notre tente. En plein sommeil, nous sommes réveillés en sursaut, imaginant que la bête, qui doit bien peser 300 kg, se couche sur nous. Plus de peur que de mal néanmoins et nous parvenons à nous rendormir, à moitié rassurés, il est vrai.

    La journée s'achève. Elle était magnifique à tout point de vue, le soleil n'a cessé de briller sur un Cho Oyu plus impérial que jamais. Nous sommes montés, Jean-Louis et moi, au camp 1 (6430 mètres) sans grande difficulté, malgré une pente terminale de quelques 400 mètres de dénivelée, très raide (environ 45°). Nous n'avons pas utilisé les cordes fixes installées sur la partie finale, les laissant aux sherpas qui doivent porter des charges beaucoup plus lourdes que les nôtres.

    Les tentes de notre expédition sont désormais installées au camp 1 avec une partie du matériel d'altitude. Nous scrutons longuement l'itinéraire de montée au sommet qui apparaît désormais beaucoup plus proche. Jean-Louis repère tout de suite un itinéraire de contournement du sérac problématique de l'Ice Fall entre les camps 1 et 2. A la descente, il suffira de passer en rappel.

    Nous sommes en bonne forme, malgré les 6430 m et la montée raide que nous venons de faire. Le temps est superbe et nous n'imaginons alors aucun obstacle technique infranchissable. Une grande émotion nous envahit. Pour la première fois en vérité, nous sommes en train de nous dire que si la météo ne nous est pas défavorable et que si l'acclimatation se poursuit bien, le sommet peut être atteint.

    Portés par cette euphorie, nous entamons la descente. Je me laisse aller un moment à faire la course avec les sherpas mais ils finissent par l'emporter, non sans une honnête résistance de ma part. Le retour au CBA tire en longueur, les 5 kilomètres à parcourir sur la moraine me semblent interminables mais quelle belle journée !

    Cho Oyu, CBA, jeudi 14 septembre

    La nuit a été un peu plus froide que les précédentes, le thermomètre étant descendu à environ –5°. Nous envisageons de monter demain au camp 1 (6400m) avec redescente au CBA dans la journée même. Le matériel pour les camps d'altitude est acheminé régulièrement par les sherpas au camp 1. On ressent autour de nous une volonté de monter, sans attendre, dans les camps d'altitude. Pour ne pas rester inactif, pour combattre l'inévitable anxiété qui nous étreint compte tenu de l'ampleur de l'objectif. Et pourtant, il ne faut pas succomber à cette tentation, une bonne acclimatation reste le point de passage clé dans notre ascension et le CBA, situé à 5700 m, est déjà à haute altitude pour un camp de base.

    Au loin, nous apercevons une longue caravane de yacks qui s'en va vers le Népal via le col Nangpa La. Dans ce décor majestueux, me voilà saisi d'une forte émotion sur la chance qui est la mienne de vivre de tels moments dans un cadre unique, objet de tant de rêves rarement transformés en réalités. Aussi, je veux profiter du privilège qui est le mien en essayant de le faire partager au plus grand nombre. Un privilège qui se traduit également par le fait de disposer de 5 semaines de congés d'affilée. A la réflexion, il me semble d'ailleurs que c'est la première fois que cela m'arrive depuis la fin de mes études soit depuis un peu plus de 30 ans !

    Avec Jean-Louis nous nous activons autour de la tente pour nous assurer que nos équipements d'altitude sont bien au point ; crampons, jumards, cordes, piolets, nourritures, pharmacie… tout y passe et parfois même plusieurs fois. La présence de Jean-Louis est précieuse, compte tenu, bien sûr, de son expérience de grand professionnel de la montagne, mais plus encore pour pouvoir partager réflexions, plaisirs et préoccupations. C'est essentiel, cette expédition perdrait à mes yeux une grande partie de son sens si elle se limitait à la seule performance physique.

    La liaison téléphonique satellitaire est curieusement plus difficile à établir avec Katmandou qu'avec Grenoble. Mais nous sommes cependant informés que le périple de Pierre, Pascale et Vincent se termine bien. Ils quitteront la capitale népalaise demain et arriveront à Grenoble vendredi soir, la tête sûrement remplie d'images, de senteurs, d'impressions, de sentiments. Les photos qu'ils ramèneront permettront aussi de compléter, sur ce blog, les illustrations de la première partie de notre voyage.

    Cho Oyu, CBA, mercredi 13 septembre

    La météo annonce un temps moyen jusqu'à dimanche prochain. Il faudra attendre le 24 septembre pour bénéficier de beau temps stable.

    Ce matin nous avons fait un trekking d'environ 3 heures en direction du Camp 1, histoire de tester nos chaussures de haute altitude, essai concluant.

    Hier soir, c'était une concertation entre responsables des différentes expéditions pour se répartir la tâche d'installation des cordes fixes dans les passages délicats.

    Avec Jean-Louis, nous avons fait connaissance du sherpa tibétain, Changbu, qui nous accompagnera dans les camps d'altitude. Il a déjà fait le sommet, c'est une expérience précieuse. Son anglais n'est pas extraordinaire par contre ; j'espère que cela n'aura pas de conséquences fâcheuses, les questions de communication restant essentielles. Aujourd'hui, une partie du matériel d'altitude a déjà été montée au camp 1 par ses soins.

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    Cho Oyu, camp de base avancé, mardi 12 septembre

    MonteecbaLa vie matérielle s'organise au CBA (camp de base avancé) sous un ciel toujours maussade ; la neige est tombée une bonne partie de la nuit et de la matinée. Par ce temps couvert, il est difficile de voir le Cho Oyu et le col Nangpa La, point de passage entre Népal et Tibet à environ 5700 mètres.

    Des expéditions du monde entier arrivent progressivement au CBA : 46 sont annoncées. Toutes n'ont certes pas l'importance de la nôtre mais la tâche risque d'être compliquée pour l'installation des camps d'altitude. Les drapeaux nationaux sont omniprésents, chaque délégation essayant de reconstituer un petit village avec les tentes individuelles disposées autour des tentes mess et matériel et des petites tentes "toilettes et douches".

    Une douzaine de Tibétains nous accompagne, 4 sherpas pour le portage vers les cols d'altitude, les autres pour la logistique du CBA. Ils sont tous très attentionnés et bien disposés à notre égard : préparation des repas, bien sûr, mais aussi stockage du matériel, rechargement des batteries… Nous communiquons plutôt en anglais, un peu en français et beaucoup par signes.

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    Cho Oyu, camp de base intermédiaire, 10 septembre

    Nous avons engagé ce matin la longue montée vers le camp de base avancé avec une première étape de 15 km en fond de vallée puis le long de la moraine. 440 mètres de dénivelée et nous voilà au camp intermédiaire à 5380 mètres. Peut-être certains s'étonneront de notre lente progression. Ce n'est pourtant pas le fruit du hasard ou de notre esprit vagabond mais bien une décision réfléchie liée à l'acclimatation. En effet, en altitude, la densité de l'air diminue, la pression partielle de l'oxygène diminue dans les mêmes proportions. Ainsi, il ne restera que 30% d'oxygène au sommet par rapport à ce dont nous disposons habituellement à basse altitude. Le corps doit donc s'adapter à ce manque d'oxygène, ce qui nécessite une ascension progressive. Grâce à la fabrication de globules rouges supplémentaires qui permettent d'améliorer le transport d'oxygène par le sang, il est ainsi possible en trois semaines de s'acclimater à l'altitude.

    Itineraire Le temps est changeant : soleil et pluie alternent rapidement, nous rappelant l'importance de la donnée météo dans la stratégie d'assaut du sommet. Désormais, mon sort est lié à celui de Jean-Louis. C'est une chance. Nous avons appris à nous connaître depuis une bonne quinzaine d'années. Chaque été, nous faisons ensemble quelques belles courses. C'est avec lui que j'ai réalisé parmi les plus belles ascensions des Alpes : la Meije, les Grandes Jorasses, l'Eiger, l'Olan, Bionassay et bien d'autres, et je n'oublie évidemment pas l'Aconcagua, il y a 4 ans ! Cet été, nous avons préparé cette aventure himalayenne avec une série de sommets de plus de 4000 mètres, superbe traversée des Breithorn et des Liskamm...

    Tout cela a forgé une amitié solide. C'est un grand alpiniste qui a ouvert en son temps quelques voies très difficiles dans les Alpes et notamment en Oisans. Il est aussi un grand guide de haute montagne, sûr et très attentionné. Autant dire que nous sommes devenus très liés, nous comprenant à mi-mot, capables de décider vite lorsque les circonstances l'exigent. Cette complicité sera, j'en suis certain, un atout très précieux dans les jours qui viennent.

    Une dernière pensée pour ma collaboratrice Delphine Chenevier ; elle aussi passionnée de montagne et plus encore d'escalade. Elle vient de donner la vie à un petit Arthur. Félicitations aux heureux parents et tous mes voeux de bonheur à ce petit bébé qui sera, je n'en doute pas, un futur alpiniste.

    Cho Oyu, camp de base, 9 septembre

    Carte_region_chooyu Temps couvert mais sans précipitation pour cette deuxième journée au camp de base tibétain. Nous n’apercevons plus le Cho Oyu mais nous savons que le 6ème sommet le plus haut du monde est bien là, 3300 mètres au-dessus de nous, à 20 km à l’ouest de l’Everest. C’est le 19 octobre 1954 qu’il fut gravi pour la première fois par Sett Möchler, Pasang Dawa Lama et Herbert Tichy avec une expédition autrichienne par la face nord-ouest. Comme tous les sommets de plus de 8000 mètres, il a connu son lot de tragédies. Ainsi, en 1959, la Grenobloise Claude Kogan, alpiniste et écrivain réputée est emportée, avec trois autres personnes, par une avalanche, pendant une expédition féminine internationale. C’est aussi le premier sommet de plus de 8000 mètres gravi par Jean-Christophe Lafaille dans son odyssée sur les toits du monde et dont on sait malheureusement la fin dramatique.

    Comment ne pas redouter une telle ascension et comment aussi renoncer à cette passion qui vous prend, vous fait oublier ou minimiser risques et difficultés pour ne retenir que l’attrait du sommet au nom magique et à l’allure à la fois fière et rassurante par sa présence ? C’est, après l’Everest, le sommet qui a le plus attiré de grimpeurs. On en dénombrait 1211 au 1er janvier 2001, ce qui reste pourtant bien peu en 50 ans de tentatives avec plusieurs dizaines de pays dans le monde qui pratiquent désormais les ascensions de très haute altitude.

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    Cho Oyu, camp de base, 8 septembre

    Il  n'a fallu guère plus d'une heure pour gagner depuis Old Tingri le camp de base chinois du Cho Oyu à 4900 mètres. Un accueil très agréable nous attend : tentes montées en cercle sur une prairie près du lit d'un torrent constituant un petit village autour de la tente mess où nous nous retrouvons pour les repas. Le site se prête aux sensibilités de chacun, des esprits les plus contemplatifs aux tempéraments les plus pratiques. Le matériel dédié à l'ascension est acheminé directement depuis Katmandou au camp de base avancé ; nous le retrouverons donc dans 3 ou 4 jours.

    La vie en camp de base s'organise : installation des affaires personnelles, un brin de toilette dans le cours d'eau voisin et puis chacun vaque à ses occupations tout en observant régulièrement le Cho Oyu qui nous surplombe de ses 8201 mètres. Nous distinguons la partie supérieure de notre itinéraire et cherchons à apprécier les difficultés qui nous attendent. La journée s'étire, bientôt rattrapée par l'orage et les grêlons qui s'abattent sur nos petites tentes jaunes North Face. Les infos météo nous annoncent d'ailleurs une dépression pour les 3 jours à venir surtout pour les après-midi. Désormais, nos pensées se focalisent sur cet objectif unique : l'ascension de ce sommet mythique qui m'a tant fait rêver depuis de longs mois.

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    Old Tingri, jeudi 7 septembre

    Nous voilà à Old Tingri à l'issue d'une journée exceptionnelle. Ce matin, à partir du camp de base de l'Everest, un trekking d'environ 12 km nous a permis d'aller reconnaître l'itinéraire de la voie normale tibétaine en direction du Camp 1.Massif_everest  Pour certains, c'était l'occasion d'une reconnaissance en vue d'une prochaine ascension. Pour d'autres, comme Pierre, Pascale et Vincent, ce fut l'occasion d'établir un nouveau record d'altitude à 5350 mètres.

    Nous quittons à regret ce site unique pour entamer un raid sauvage et très sportif de 4 heures en 4X4 à travers les hauts plateaux tibétains aux alentours de 5000 mètres. Les immensités désertiques s'offrent à nous : de temps en temps, quelques yacks, plus rarement des chèvres, ici un cheval monté par son cavalier tibétain, là un aigle qui prend son envol. Les paysages défilent devant nous, de toute beauté ; se conjuguent sur fond de sable toutes les nuances du gris, de l'ocre, du blanc  et même de temps en temps du vert qui fait oublier la sécheresse dominante. Dans cette atmosphère d'une autre planète, l'odeur de menthe sauvage nous rappelle que nous sommes toujours sur terre. Au milieu de cette contrée, aux confins indéfinis, nous croisons quelques gamins échappés des seules maisons rencontrées dans cette traversée. Je me souviendrai longtemps de leurs visages très mats, le soleil ayant fait son oeuvre. Dans un sourire exprimant la surprise et l'accueil bienveillant, les mains tendues, celles de la misère et de la mendicité, là-bas au bout du monde.

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    Rongbuk, mercredi 6 septembre

    Monastererongbuk Allongé sur mon lit dans le lodge de Rongbuk qui nous abrite ce soir, j'admire par la fenêtre sa majesté l'Everest, en écoutant un concerto pour violons de Jean Sébastien Bach. Un vrai moment de bonheur !

    Le temps est particulièrement clair et le Chomolunga se détache sur un fond bleu de grande pureté. Nous sommes désormais à 6 km du camp de base que nous atteindrons demain.

    Je vis des heures de grande intensité et devine l'itinéraire de la voie normale tibétaine qui est de toute beauté. Je ne peux m'empêcher de revivre en pensée la fabuleuse ascension, en solitaire et sans oxygène, de Reinhold Messner. Reinhold Messner, à mes yeux, le plus grand himalayiste de tous les temps. Le premier à avoir gravi les 14 sommets de plus de 8000 mètres. Je lui porte une très grande admiration. J'ai relu cet été une nouvelle fois mon livre fétiche, ''Montagne nue'' écrit 30 ans après l'ascension du Nanga Parbat. Cette ascension, sur fond de drame avec la mort de son frère Gunther, a soulevé une tempête de polémiques qui demeurent pour moi comme autant de questions sur les récits officiels des aventures collectives, et surtout nationales, qui ont marqué les années 50 à 70.

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    Shekar, mardi 5 septembre

    Le Tibet est la source de tous les grands fleuves d'Asie comprenant le Mékong, le Yang Tsé Kiang, le Brahmapoutre et l'Indus. Il a par ailleurs de nombreuses ressources naturelles, réserves d'or considérables, pétrole, gaz, étain et lithium. Autant dire qu'il présente une position stratégique que la Chine ne peut ignorer. D'où les investissements considérables en terme de moyens de communication qui sont actuellement déployés. Outre la liaison ferroviaire Pékin-Lhassa, on assiste à un aménagement des routes (ainsi pour la route de l'amitié Lhassa - Katmandou) et à une couverture du réseau de téléphonie mobile et, bien sûr, de stations internet.

    Il y a 250 km entre Shigatze et Shekar, les 3/4 sur une voirie asphaltée de très bonne qualité datant de moins de deux ans, le restant est l 'objet d'une mise à niveau avec plusieurs milliers d'ouvriers à l'œuvre tout le long. Nous franchissons un col à 5200 mètres d'altitude et finissons sur une piste impressionnante au bord de précipices vertigineux qui nous mène à travers un paysage lunaire jusqu'à Shekar.

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    Shigatze, dimanche 3 septembre

    Nous voilà à Shigatze, au coeur du Tibet après avoir parcouru une route extraordinaire depuis Lhassa en remontant la vallée du Brahmapoutre bordée de sommets de plus de 5000. Les hauts plateaux du Tibet sont bien sûr uniques, ils résultent de la collision à vitesse rapide, depuis 50 millions d'années, des plaques indienne et eurasienne qui a provoqué l'épaississement de la croûte continentale. Couleur sable, très peu végétalisés, ils font penser ici à des immenses dunes de sable, là à des canyons où pourraient être tournés quelques westerns.Vue_vallee_brahmapoutre

    Shigatze, 3900 mètres d'altitude, a un des plus beaux et des plus anciens monastères du Tibet que nous avons visité avec intérêt et émotion.

    Nouveau trekking également dans les hauteurs environnantes qui nous a permis de monter à 4250 m et d'assister, en redescendant, à une cérémonie tibétaine très populaire et très joyeuse où enfants, adultes et anciens se rassemblent au milieu d'innombrables drapeaux accrochés à la montagne.

    L'expédition vit bien ensemble. Outre l'officier de liaison chinois et nos amis accompagnateurs, elle comprend 12 grimpeurs non professionnels venant de Paris, Nice, Chambéry, Bellegarde, Moulin et Grenoble et 5 guides de haute montagne, Ludovic Challéat, Jean-Philippe Monet, Jean-Marc Genevois et Fabrice Priez qui exercent à Chamonix et Jean-Louis Mercadié de Grenoble.

    Lhassa, veillée d'armes, 2 septembre 2006

    C'est le dernier jour à Lhassa, cette ville surprenante d' 1.2 millions d'habitants. A partir de cet après-midi, nous allons entreprendre un long cheminement à travers les hauts plateaux du Tibet, qui nous conduira en une semaine au camp de base du Cho Oyu.

    Nous rejoindrons d'abord Gyantsé (4000 m) et sa citadelle, en passant par le lac du Scorpion (Yamdrock Tso) et au pied du Nojin Gansang (7191 m). Nous poursuivrons notre périple en direction de l'Everest avec des étapes à Shigatsé (3900 m) Shekar (4300 m) et Rongbuk (4900 m) avec son fameux monastère.

    En principe, le 7 septembre nous monterons au camp de base de l'Everest (5200 m) pour parfaire notre acclimatation. Puis retour à Shekar pour une bonne récupération avant la montée au camp de base du Cho Oyu (4800 m). 2 jours d'acclimatation, puis montée d'environ 30 kms, en deux étapes, au camp de base avancé (5700 m).

    A partir de là (13 septembre), il restera 20 jours pour tenter de gravir le sommet du Cho Oyu, avec 3 camps d'altitude à 6400, 7100 et 7500 m. Quelques passages délicats nous attendent, notamment un mur de glace après le camp 1, et un mur rocheux ("la bande jaune") dans l'étape sommitale.

    Même si les dangers objectifs ne sont pas réputés excessifs, et si les difficultés techniques ne sont pas insurmontables, on ne peut que redouter les effets de l'altitude extrême.
    On peut avoir gravi les plus prestigieux sommets des Alpes (la Meije, l'Eiger, le Cervin, les Grandes Jorasses … ), être monté plusieurs fois au Mont Blanc et avoir l'expérience d'un quasi 7000 m (l'Aconcagua), il reste qu'avec le Cho Oyu il s'agit d'une autre affaire encore, de toute autre envergure.

    Lhassa, vendredi 1er septembre

    Nous sommes à Lhassa depuis 3 jours, après un vol au-dessus de l'Himalaya qui ne nous a malheureusement pas permis d'apercevoir les sommets mythiques de l'Everest, du Lhotse, du Makâlû et du Cho Oyu, pour cause de plafond trop haut. Tout juste avons nous pu deviner un court instant à travers quelques nuages, l'arrête du Jannu …

    3 jours à Lhassa dont l'altitude est proche de 3700 m soit quasiment celle de notre Aiguille du Midi. Ce séjour participe à l'acclimatation qui se poursuivra jusqu'au camp de base du Cho Oyu le 8 septembre prochain. Lhassa est la capitale temporelle (et religieuse) du Tibet, qui s'étend historiquement sur 2,5 millions de km² (soit 5 fois la superficie de la France) avec une altitude moyenne de 4200 m. Le Tibet compte 14 millions d'habitants : 6 millions de Tibétains et près de 8 millions de Chinois d'ethnie Han d'implantation, bien sûr, récente. On connaît son histoire souvent dramatique. Le Tibet a été gouverné de 1643 à 1949 par le Dalaï Lama mais annexé à la Chine en 1710, puis colonie britannique entre 1904 et 1908. En 1949, il a été occupé par l'armée chinoise et a subi depuis un phénomène d'acculturation avec l'installation d'une majorité chinoise et le départ en exil du Dalaï Lama. Nul besoin de séjourner longtemps à Lhassa pour observer la perte d'identité des Tibétains. Par bien des aspects on se croirait dans une des grandes villes développées de la Chine continentale, et ce phénomène sera encore renforcé avec la nouvelle liaison ferroviaire inaugurée le 1er juillet dernier par Hu Jintao.

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    Je n'oublie pas Grenoble et Grenoble ne m'oublie pas...

    Je suis agréablement surpris par les très nombreux messages d'encouragements que je reçois depuis mon départ. Mails, SMS, commentaires sur le blog se multiplient tout comme les appels à la mairie ou même à mon domicile dont mes proches me font état. Cela me fait chaud au cœur.

    Je ne peux évidemment répondre pour l'instant à chacun et je le regrette sincèrement. Je vous invite donc à suivre l'expédition sur mon blog que j'essaierai d'alimenter le plus régulièrement possible.

    Même loin, je n'oublie évidemment pas Grenoble, la rentrée scolaire qui approche, les travaux d'extension du Parc Paul Mistral qui se poursuivent, le forum pour l'emploi qui se prépare ou encore la prochaine consultation des Grenoblois sur le devenir du Centre Ville…

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    Katmandou - Lundi 28 août 2006

    Md_005 Nous sommes arrivés depuis 2 jours à Katmandou à un peu plus de 1300 m d'altitude, première étape avant l'Himalaya et notre objectif final : l'ascension du Cho Oyu, par sa face Nord Ouest.

    La décision de tenter le 6ème sommet le plus haut du monde, je l'ai prise, après 4 années de réflexion. 4 ans après le succès, en janvier 2002, de l'ascension de l'Aconcagua, aventure alors partagée avec mes deux fils. Une décision difficile à prendre, tant le défi est impressionnant.

    Avec Jean-Louis Mercadié, un ami guide, nous avons donc rejoint dimanche l'expédition "Les Matins du Monde" (www.expes.com); nous serons accompagnés jusqu'au camp de base chinois par Pascale, la femme et Vincent, le beau frère de Jean-Louis et par mon ami Pierre Albert, avocat grenoblois bien connu et réputé.

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