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  • Loi de programmation du Grenelle de l’Environnement : le compte n’y est pas !

    J’ai pris connaissance avec déception du projet de loi de programmation "Grenelle I" qui présente les grandes orientations portant sur les thèmes de l’énergie, la construction, les transports et l’urbanisme, conformément aux conclusions du Grenelle de l’Environnement. Je déplore que le texte fasse l’impasse sur la question des financements, qui sera évoquée au cours d’un second projet de loi, dit "Grenelle II", portant sur les modalités techniques et réglementaires. Dissocier les grandes orientations de la question des financements, risque d’accréditer l’idée selon laquelle l’Etat souhaite réformer sans en avoir réellement les moyens. Les deux questions ne peuvent être traitées séparément. Concernant la question de l’habitat, je regrette également que les prêts à taux privilégiés accordés aux organismes HLM pour procéder à la rénovation thermique des bâtiments, inscrits dans les conclusions du Grenelle de l’environnement, aient été supprimés dans le projet de loi. Enfin, sur la question des financements des transports publics urbains hors Ile-de-France, je constate que le texte n’évoque une participation de l’Etat aux collectivités locales qu’à hauteur de 2,5 milliards d’euros au lieu des 4 milliards promis au cours des discussions menées entre les Maires des grandes villes et Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et l’Aménagement du Territoire. Les collectivités locales contribuent aujourd’hui financièrement à une économie plus soucieuse de l’environnement et moins gourmande en énergie. L’Etat se doit pour sa part d’honorer sa parole et de s’engager financièrement à leurs côtés à un niveau suffisant, comme s’y était engagé le Président de la République.

    On ne modernise pas l’économie dans la précipitation, en libéralisant à tout crin

    Plus de liberté d’implantation et de négociation pour la grande distribution, pour plus de pouvoir d’achat ? C’est cette équation incertaine que nos concitoyens retiendront du projet de loi de modernisation de l’économie adopté hier matin en conseil des ministres. Un texte fleuve qui pose pour l’heure plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

    Comment le commerce de proximité de centre-ville vivra t-il l’énorme appel d’air offert au hard discount ? Comment les collectivités locales pourront-elles maîtriser les risques de multiplication de ces nouvelles grandes surfaces en périphérie des agglomérations, alors même que nous sommes tous engagés dans une bataille contre l’étalement de nos villes, contre les émissions de gaz à effet de serre.

    Tout cela est-il éco-compatible avec le Grenelle de l’Environnement ?!

    Préparé dans l’urgence, le projet du gouvernement est également encore très flou sur les moyens dont disposera la future Autorité de la Concurrence, sur les nécessaires outils de régulation du marché.

    Concernant enfin la énième réforme des relations entre la grande distribution et ses fournisseurs, on ignore quelles conséquences cette libéralisation prônée par Christine Lagarde aura sur les revenus, donc l’emploi, des agriculteurs et des PME.

    Sur tous ces points, nous devrons avoir un vrai débat parlementaire.

    Menaces sur le financement des politiques enfance

    En 2006, la Caisse Nationale d’Allocations Familiales a décidé de fondre les dispositifs de cofinancements des politiques enfance (contrat enfance et contrat temps libre) et créé le contrat enfance jeunesse.

    A première vue, ce souci de simplification des procédures opérée par la CNAF pouvait sembler légitime. A l’expérience, il apparaît cependant que cette fusion de dispositifs se fait au détriment de la qualité des actions mises en place. Le nouveau contrat est en effet fondé sur une approche principalement quantitative, calculant le taux d'occupation des établissements d'accueil petite enfance à l'heure et se basant sur des objectifs de remplissage. Le soutien financier initialement apporté aux projets originaux qui prenaient en compte les spécificités de chaque territoire est ainsi abandonné et les collectivités se doivent alors d'assurer l'équilibre et d’assumer des missions importantes comme celles de la formation des personnels.

    Cette question des modalités d’accueil des enfants et des jeunes me mobilise évidemment en tant que Maire de Grenoble afin d’assurer le maintien de la qualité de nos politiques enfance et jeunesse. Elle rejoint également des réflexions de l’AMGVF qui demandent, depuis plus de deux ans, que le Gouvernement prenne davantage en compte la réalité des situations locales, notamment en terme démographiques et sociales.

    J’ai également récemment demandé aux services de l’AMGVF de se pencher sur la question du droit opposable à la garde d’enfants annoncés par le Gouvernement. Là aussi, une idée qui peut paraître généreuse mais qui nécessite, avant quelque décision que ce soit, un travail partenarial entre les communes, les départements, la CNAF et l'Etat. J’espère sincèrement que le Gouvernement saura ne pas renouveler l’erreur commise sur le service minimum dans les transports (toujours pas effectif alors qu’il devait l’être au 1er janvier…) et privilégier la voie contractuelle à la loi. En effet, les territoires étant différents, ils nécessitent une approche modulée : en zone urbaine, le maire de la ville centre est incontournable, tandis qu'en zone périurbaine ou rurale, le département s'impose davantage. Avant toute décision, il est donc nécessaire de savoir quel chef de file désigner.

    Une bien mauvaise idée !

    C’est avec surprise que j’avais pris connaissance, au courant du mois de décembre, de l’annonce de Xavier Darcos, Ministre de l'éducation nationale, de la mise en place d’un service minimum d'accueil des enfants des écoles primaires durant les périodes de grève des enseignants. Service minimum qui serait organisé et financé par les communes. C'est désormais avec inquiétude que j'ai appris que le Ministre aurait demandé aux recteurs de préparer des conventions types avec les communes.

    Surprise parce que cette annonce est intervenue quelques jours après une entrevue entre le Ministre et une délégation d’élus des Grandes Villes de France que je conduisais, entrevue durant laquelle ce sujet n'a absolument pas été évoqué.

    Inquiétude parce que cette décision, prise dans l’opacité, envisage un montage financier qui consisterait à utiliser les retenues opérées sur le salaire des grévistes pour financer cet accueil minimum. Les communes seraient ainsi, à leurs corps défendant, sommées de suppléer l’Etat et de prendre part dans un conflit qui ne les concernerait qu’indirectement. Sans méconnaître les difficultés d’accueil des enfants que peuvent rencontrer les parents en cas de grève, il me parait impossible pour une commune ‘’d’improviser’’ un accueil de jeunes enfants et je n’imagine pas que les parents acceptent de laisser leurs enfants une journée sans connaître les personnels chargés de l’accueil ni les occupations qui seraient proposées à leurs enfants dans la journée. Quelles seraient en effet les conditions de recrutement, de mobilisation ou de formation des personnels qui seraient chargés de cet accueil ? Quelles seraient leurs missions ? Quelles seraient les programmes et les contenus pédagogiques de telles journées d’accueil ?

    A trop privilégier les annonces médiatiques, le Gouvernement risque, une nouvelle fois, de créer plus de difficultés qu’il n’en résout. En tout état de cause, il est pour moi hors de question d'envisager que la Ville de Grenoble puisse s'engager dans une telle direction !

    Encore plus inacceptable !

    Le Sénat a adopté en fin de semaine dernière le projet de loi Hortefeux sur la maîtrise de l'immigration.

    Outre le recours aux tests ADN pour les candidats au regroupement familial, et ce malgré l’avis très critique du Comité consultatif national d’éthique, ce texte interdit désormais aux sans papiers de séjourner dans des centres d'hébergement d'urgence.

    Cette disposition a suscité, à juste titre, les plus vives protestations des associations et des travailleurs sociaux s’occupant des sans papiers et du droit au logement, mais aussi les réticences de nombreux parlementaires. Il s’agit là en effet d’une atteinte grave portée à l'accès sans condition à l'hébergement d'urgence. Refuser ce droit élémentaire est un nouveau pas franchi dans la stigmatisation et la marginalisation des sans papiers. A l’approche de l’hiver, l’adoption d’un pareil amendement est profondément choquante et marque une réelle rupture avec notre tradition républicaine d'accueil et de respect des Droits de l’Homme.

    J'ai noté le rétropédalage du gouvernement ce week-end sur cette question. Pour autant, les éclaircissements apportés ne sont pas satisfaisants et je serais très attentif aux conclusions de la commission mixte composée de sénateurs et de députés qui se tiendra la semaine prochaine en vue d’élaborer un texte de compromis.

    Si jamais cette disposition n'était pas retirée, nous trouverions là une nouvelle raison de saisir le Conseil constitutionnel de ce texte plus que controversé.

    Un amendement et une loi scélérate !

    Jusqu'à présent, la loi française n'autorisait les tests génétiques qu'à des fins médicales ou de recherche scientifique ou après une saisine judiciaire, le plus souvent en matière criminelle. Si le Sénat confirme le vote intervenu cette semaine à l'Assemblée nationale, des tests génétiques pourront être utilisés pour autoriser ou non les regroupements familiaux.

    Qu'il existe des fraudes dans ces procédures de regroupement familial est une réalité incontestable. Mais cette question et plus largement celle de l'immigration sont trop complexes pour être traitées de la sorte. Depuis 2002, c'est en effet la 4ème fois que le Parlement est appelé à se prononcer sur un texte relatif à la maîtrise de l'immigration soit une loi tous les 18 mois ! Autant dire que l'agitation législative est privilégiée à une analyse précise des contraintes, des difficultés et des moyens à mettre en œuvre pour accueillir correctement les nouveaux arrivants sur le territoire français.

    Pour ma part, je me refuse à considérer comme des criminels ceux qui veulent quitter pauvreté, guerre ou famine. Je me refuse à traiter familles et enfants qui souhaitent rejoindre conjoint ou parents comme des assassins ! Ce n'est pas rendre service à l'humanité et à notre civilisation que de trahir ainsi ce qui fait depuis des siècles une des richesses de l'identité de notre pays et de notre nation.

    Que l'on se comprenne bien, je ne suis pas angéliste ou irresponsable. Il importe de fixer des règles claires sur la maîtrise des flux migratoires et de veiller à leur application, y compris en recourrant à des reconduites à la frontière. Mais il importe surtout de nouer des partenariats responsables et exigeants avec les pays qui sont victimes de véritables exodes en accompagnant leur développement et leur modernisation, en assurant la formation de médecins, d'ingénieurs ou de cadres administratifs… Il faut enfin, évidemment, que la France reste une terre d'accueil et d'asile possible pour ceux qui quittent des pays où leur vie est menacé.

    Enfin, parce que je suis scientifique de formation, cette loi m'est encore plus insupportable. Je refuse en effet de voir la science ainsi mise au service de la répression. De telles orientations ne peuvent provoquer que crainte ou opposition aux avancées technologiques et scientifiques.

    Une session extraordinaire du Parlement au goût amer…

    Photo_hmicycle Ouverte le mardi 3 juillet, la session extraordinaire du Parlement s'est achevée jeudi dernier par l'adoption du texte relatif au dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs (voir blog précédent)

    Ce fût une session dense marquée par l'adoption de quatre lois importantes : sur la prévisibilité et la continuité des transports publics, sur les universités, sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat et enfin, sur la lutte contre la récidive.

    Des questions importantes qui avaient été annoncées par le candidat Nicolas Sarkozy mais dont je regrette qu’elles aient été traitées aussi rapidement et sans concertation suffisante. Ainsi du service garanti dans les transports où le Gouvernement a privilégié la voie législative au détriment du renforcement de la démocratie sociale et des négociations collectives pourtant en bonne voie pour améliorer les services offerts aux usagers.

    Ainsi également en ce qui concerne l’avenir de notre système universitaire et de recherche avec une loi qui est censée améliorer la gouvernance des universités mais qui ne dégage et n’assure aucun moyen financier supplémentaire. Une loi qui, par ailleurs, ne traite pas de la précarité des étudiants, des trop nombreux départs de doctorants à l’étranger, de la nécessaire réforme des premiers cycles ou de l’insuffisante lisibilité internationale de nos universités et centre de recherche.

    Ainsi aussi le projet de loi relatif à la lutte contre la récidive présenté par Rachida Dati. Il a en effet été élaboré sans qu’il soit préalablement débattu du bilan de la précédente législature en terme de prévention et de lutte contre la délinquance. Alors que, depuis 2002, pas moins de 7 lois ont été votées pour lutter contre la délinquance et que l’ordonnance sur la justice des mineurs a été révisée à quatre reprises, les statistiques sont formelles : la délinquance et notamment les violences aux personnes ont augmenté fortement dans cette même période. Ces mauvais résultats sont la conséquence directe de l’absence d’une politique d’ensemble et d’une priorité donnée à l’affichage médiatique, aux détriments des moyens sur le terrain. Depuis 2002, la circonscription de sécurité publique de Grenoble a en effet perdu 25% de ses effectifs ! La suppression de la police de proximité s’est par ailleurs traduite par une absence de la Police nationale des quartiers où elle serait pourtant particulièrement nécessaire. Malheureusement, le Gouvernement a refusé de tirer les conséquences de ce bilan et préféré ajouter de nouvelles dispositions législatives alors que les précédentes attendent toujours leurs décrets d’application !

    Dernier texte enfin et pas le moindre, celui consacré au travail, à l’emploi et au pouvoir d’achat. Une loi qui décide de l’expérimentation du revenu de solidarité active, véritable innovation sociale dont je souhaite sincèrement que les effets bénéfiques et positifs soient avérés. Une mesure destinée aux plus faibles chiffrée à seulement 25 millions d’euros, une mesure que j’espère et que je crois utile mais une mesure alibi dans une loi qui décide également de 13 milliards de déductions fiscales réservées aux plus riches et aux plus aisés. Un paquet fiscal que je juge totalement incompréhensible au regard de la situation financière et de l’endettement de notre pays.

    Cette session me laisse donc un goût d’inachevé et d’occasions manquées quant aux mesures fortes à mettre en œuvre pour notre pays et nos concitoyens.

    Une loi inutile

    Tramway Présent toute cette semaine à Paris pour l'examen par l'Assemblée nationale du projet de loi sur le dialogue social et la continuité du service public de transport, je regrette que le gouvernement ait renoncé à la voie contractuelle et au dialogue social pour prévenir les conflits.

    Plutôt que de chercher à concilier droit au transport des usagers et respect du droit de grève des salariés par la voie du dialogue, le Gouvernement a préféré céder aux représentants des transporteurs incapables d’encourager le dialogue social avec les syndicats et ainsi passer par une loi rigide qui ne résoudra pas les véritables problèmes qui se posent.

    Président du Gart, je sais en effet que la véritable urgence pour assurer la continuité du service public de transport est de pallier aux incidents techniques qui constituent la principale source de perturbations dans les transports collectifs. J'ai donc dénoncé le désengagement financier de l’Etat qui a supprimé depuis 2004 ses aides aux agglomérations pour leurs investissements de transports en site propre et l’insuffisance des moyens accordés aux entreprises publiques nationales, RFF et SNCF, pour régénérer les voies ferrées et mettre à disposition des usagers du matériel de bonne qualité.

    Lors de l’examen de ce texte, j'ai également insisté sur les risques d’atteintes qu'il porte au principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales et sur les répercussions financières qu’elles risquent de devoir supporter. Le Gouvernement a en effet décidé d'imposer la date du 1er janvier 2008 pour l'intégration des plans de transport adaptés et des plans d’information des voyageurs dans les conventions entre les autorités organisatrices et les exploitants. C'est un délai absolument intenable et il est donc à craindre que les Préfets aient à se substituer aux collectivités pour l’application de cette disposition.

    Quand l’Etat manque à sa parole !

    Promesse purement électorale ? Sous évaluation des contraintes budgétaires ? Peu importe, la décision du Gouvernement de François Fillon de ne pas financer la partie française mais uniquement la partie internationale du Lyon Turin (c’est-à-dire principalement le tunnel) tombe comme un coup de poignard. A l’heure où ce même gouvernement lance le Grenelle de l’Environnement, cette décision est à la fois consternante et inacceptable.

    Pour des questions de forme en premier lieu. En mars dernier, en pleine campagne des présidentielles, j’avais en effet été convoqué par le Préfet de Région, avec de nombreux autres élus, à la signature d’un accord sur le financement de la partie française du TGV Lyon Turin, accord autorisé par le comité interministériel du 17 février dernier. En l’espace de 5 mois, ce projet d’une importance capitale pour notre région et pour les Alpes semble donc avoir été enterré ! Dans de telles conditions, je me demande comment les collectivités locales pourront avoir confiance demain dans la parole de l’Etat UMP.

    Sur le fond, cette décision est absolument catastrophique. Non seulement, le gouvernement refuse de financer ces travaux mais il refuse également de déposer une demande de subvention auprès de l’Union européenne. Autant dire que les crédits européens qui nous avaient été promis seront très vite redistribués à d’autres projets et que rien ne garantit que nous pourrons demain espérer une nouvelle affectation.

    Cette annonce fait douter également de la sincérité ‘’environnementale’’ du gouvernement. Chacun peut imaginer l’intérêt de cette ligne à grande vitesse entre la France et l’Italie en terme d’offre voyageur. Son intérêt sur le trafic de fret est par contre moins connu alors qu’il est aussi voire plus important : les études préalables avaient montré que dès son ouverture, cette liaison franco-italienne permettrait la suppression d’un million de camions par an ! 200 millions de tonnes de marchandises auraient ainsi été reportées de la route sur le rail avec ce que cela impacte en terme de réductions des pollutions, de nuisances sonores et d’amélioration des conditions de circulation.

    C’est à tout cela que le Gouvernement de Monsieur Fillon vient de renoncer. En tant que Maire de Grenoble et Président du Gart, je condamne donc fermement cette décision et sollicite, avec mes collègues élus de la Région et du Département, une audience auprès de François Fillon afin d’obtenir du gouvernement qu’il revienne sur cette mauvaise décision.

    Mobilisé pour le maintien de la Cour d'Appel

    Dfensecagrenoble_2Maire de Grenoble mais aussi parlementaire, c’est-à-dire comptable de l’intérêt national, je ne suis pas par principe opposé à toute réforme qui renforce les moyens d’une juridiction, fût-ce au détriment d’intérêt locaux. Je crois même qu’une réforme de la carte judiciaire est nécessaire, à condition qu’elle ne soit pas le moyen d’éluder la question centrale qui devrait être la priorité du gouvernement : la question des moyens accordés à l’institution judiciaire.

    Si je suis venu témoigner jeudi ma solidarité à notre barreau et à tous les citoyens grenoblois qui recourent à la justice, c’est parce que la réforme de la carte judiciaire ne doit pas supprimer la Cour d’appel de Grenoble. Il est absurde de vouloir aligner la carte administrative et la carte judiciaire. Ce serait faire fi des réalités locales. La place de Grenoble dans le bassin grenoblois, en Isère et dans le sillon alpin lui confère un rayonnement qui justifie l’existence de notre Cour d’appel. La Cour de Grenoble est confrontée à un important contentieux naturellement lié à notre importance démographique et économique. Ce n’est pas une fusion avec une autre Cour déjà très encombrée qui réglera ce problème.

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    Quand la ligne jaune est franchie...

    Confpresse Vous trouverez ci-après la déclaration que j'ai faite aujourd'hui lors d'une conférence de presse exceptionnelle :

    1 – Je n'ai jamais fait de l'action en justice une arme politique

    - Comme vous le savez, j'ai toujours privilégié l'intérêt de Grenoble, et notamment la réhabilitation de son image fortement dégradée après les "affaires". Depuis 1995, je n'ai pas fait une seule déclaration en tant que Maire cherchant à entretenir le climat des "affaires". Je le dis clairement, j'ai laissé la Justice suivre son cours sans rechercher tous les moyens possibles de relancer des procédures, car je considérais, et c'est toujours le cas, que l'intérêt de la Ville commandait que la page soit rapidement et définitivement tournée.

    - A l'instar d'autres hommes politiques par le passé à Grenoble, je subis des tracts anonymes diffamatoires depuis plusieurs années, avec une pause entre 1997 et 2002. J'ai toujours considéré que la seule réponse était le mépris et que c'était faire trop d'honneur à leurs auteurs que de perdre son temps à les démentir.

    2 – Aujourd'hui, la limite de l'acceptable est franchie : pourquoi ? parce que je ne suis pas le seul "touché" par ces attaques.

    - Le personnel municipal a été destinataire, dans une très large proportion, de mails diffamatoires me concernant, ainsi que Geneviève Fioraso. Ces mails ont été envoyés en pleine nuit par un certain "Monsieur X". Il s'agit d'une grave atteinte à l'institution publique et à la neutralité du personnel, qui a suscité des réactions indignées. Permettre cette intrusion, c'est laisser libre cours à tous les excès. J'ai demandé à l'administration communale de porter plainte pour protéger le personnel municipal.

    - Les attaques sur ma personne et Geneviève Fioraso sont calomnieuses. Je n'ai pas à me justifier de mon travail à la tête de la société CORYS, qui n'a jamais souffert d'aucune observation des autorités de contrôle. Je veux simplement rappeler que :
        - j'ai créé CORYS par essaimage du CEA, en investissant ce que j'avais acquis de mon travail. Alors que j'aurais pu continuer tranquillement ma carrière au CEA, protégé par un statut public, j'ai pris le risque personnel de créer une entreprise, de créer des emplois, de me battre sur des marchés à l'exportation.
        - j'ai démissionné de CORYS en 1995 alors que l'entreprise avait eu une forte croissance et comptait plus de 100 salariés, en laissant mes parts dans l'entreprise, renonçant de fait à réaliser les sommes que j'avais investies. Quand certains se sont enrichis personnellement dans l'action publique, pour ma part, j'ai donc accepté des sacrifices financiers pour me consacrer totalement à l'action publique.
        - Plus tard en 97, CORYS a été rachetée par Tractebel, devenue filiale de Suez en 98. Le vote définitif     du Conseil Municipal concernant le dossier de l'eau est intervenu en 2000. Je rappelle que le montage     initial voté par la Ville ne prévoyait aucun versement à la Lyonnaise des Eaux, et que c'est la décision du Tribunal Administratif qui nous y a contraint. Il n'y a évidemment aucun lien entre toutes ces opérations.
        - Les écrits publiés sur internet ont été démentis par une instruction qui ne m'a concerné à aucun         moment.
        - Je suis à l'origine un agent du secteur public qui s'est investi dans le monde de l'entreprise, puis un      chef d'entreprise qui a décidé de renoncer à sa carrière professionnelle pour s'investir complètement en politique. Il est donc indigne de chercher à me salir pour les difficultés conjoncturelles d'une PME en croissance que j'ai fondée et qui réalise encore aujourd'hui d'excellents résultats. Cette PME et ses salariés n'acceptent d'ailleurs pas d'être ainsi salis.

    3 – Je n'accuse formellement personne, mais j'interroge publiquement :

    - Le mail adressé à tout le personnel renvoie à des sites internet animés par l'UMP :
        - le site de "l'observatoire de la dépense publique" est animé par M. Jérémie BORJ, qui se revendique     comme le seul "gestionnaire du site". Or ce jeune homme est secrétaire départemental de l'UMP à la     Justice et rapporteur du "Forum Citoyen pour l'alternance" créé par Alain Carignon et Henri Baile.
        - le site "non à Destot" fait partie d'une nébuleuse de sites liés à l'UMP, présenté en lien sur le site         Grenoble alternance, site qui présente des articles publiés sur les sites de Messieurs Carignon ou Baile.

    - Plus troublant encore, les éléments potentiellement diffamatoires propagés par ce site dépendant de l'UMP (revendiqué sur un tract signé UMP) se retrouvent dans :
        - le tract du candidat du Parti National Radical de ma circonscription, qui me calomnie dans sa profession de foi,
        - les tracts anonymes des pseudo –collectifs "HADES" et "Wharol"
        - le tract de M. René Jourdan, habitant de la première circonscription.

    - Tout ces éléments donnent à penser qu'ils sont coordonnés et procèdent d'une même démarche. Je n'affirme rien, mais j'interroge : Monsieur Carignon ou son entourage sont-ils les auteurs de ces tracts et de ces procédés ?
    La réponse doit être claire et publique.

    Les électeurs ne sont pas des clients

    Grenoble est une Ville qui s’est distinguée de longue date par l’exigence intellectuelle et morale de son débat public.

    Dans la ville de Hubert Dubedout et de Pierre Mendés France, nous avons presque naturellement une haute idée du débat censé éclairer nos choix démocratiques. Disons-le au risque de paraître immodestes : nous sommes souvent plus qu’ailleurs sourcilleux quant aux manquements qui se produisent dans la vie politique nationale.

    C’est donc sans doute en tant que maire de Grenoble que j’ai réagi à la déclaration d’un candidat à l’élection présidentielle entendue à la radio. Les ouvriers d’une usine reprochaient à Nicolas SARKOZY, puisqu’il s’agissait du candidat de l’UMP, de ne venir les voir qu’à l’occasion des élections.

    Le candidat en question trouva opportun de leur rétorquer : "et alors ? les commerciaux vont bien voir leurs clients".

    C’est une singulière époque que celle où l’assimilation des citoyens à des clients ne donne lieu à aucun commentaire journalistique et puisse même apparaître naturelle. Je ne me résigne pourtant pas quant à moi à ce cynisme vulgaire qui ne voit plus dans le citoyen qu’une "part de marché" dont il s’agirait d’obtenir le suffrage sans s’intéresser à ses problèmes, sans se soucier de les résoudre. Cette méthode porte un tort considérable à notre vie publique en brisant la confiance des citoyens et en les éloignant ainsi de leurs représentants. Le faux sentiment que la politique ne sert dès lors plus à rien, ne mobilise plus les énergies pour aller de l’avant. Il entretient le désarroi et la certitude amère que notre pays décline, faisant au final le jeu des extrêmes.

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    Contre les mensonges et les méthodes du passé

    Pour votre information, je vous livre in extenso le communiqué que j'ai adressé hier à la presse :

    Depuis 1995, l'action que j'ai menée en tant que Maire de Grenoble vis à vis des "affaires du passé" a toujours été guidée par le seul souci de l'intérêt général des Grenoblois, qu'ils soient usagers ou contribuables.

    C'est ainsi que j'ai toujours observé une stricte réserve à l'égard des décisions de Justice, me refusant à les commenter ou à entretenir telle ou telle polémique. Soucieux de rendre à Grenoble son image de ville innovante, image gravement salie par les "affaires", je n'ai jamais cherché à exploiter le passé ou à "ressortir" des dossiers comme certains l'auraient souhaité.

    Aujourd'hui, le dossier des parkings en ouvrage construits par mon prédécesseur fait l'objet d'une enquête judiciaire largement commentée. Les réactions mensongères de l'ancien Maire me contraignent à effectuer une mise au point et à sortir exceptionnellement de ma réserve, sans entrer dans des considérations judiciaires qui ne sont pas de mon ressort.

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    Refuser l'intolérance

    L’envie d’agir contre l’intolérance. C’est là, plus que la honte, le sentiment que m’inspire la publication des statistiques des actes antisémites commis en France en 2006. Le bilan est inquiétant avec une hausse de 24 % des actes antisémites mais plus encore une augmentation de 46 % des agressions physiques. Certes, la montée de l’insécurité concerne tous les citoyens français. Comme le révèle avec justesse le CRIF dans son rapport, les données de l’antisémitisme s’inscrivent dans la hausse des violences contre les personnes évoquées à propos des statistiques générales de la délinquance dans notre pays. Ce n’est pas faire preuve d’esprit polémique que de révéler combien les manifestations d’autosatisfaction du Ministre de l’Intérieur sont malheureusement sans efficacité sur la sécurité des Français.

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    Le rassemblement de la honte

    A Téhéran, sous la houlette du Président Ahmadinejad, se tient le rassemblement de la honte, celui des révisionnistes, des négationnistes, des profanateurs de l'histoire. Toutes les explications du monde ne suffiront pas. Le choix de Téhéran est délibéré, il s'inscrit dans une démarche politique et dans un contexte géopolitique.

    Nier la réalité du génocide juif pendant la deuxième guerre mondiale, après avoir refusé de reconnaître la légitimité de l'existence d'Israël relève d'une stratégie politique insensée. Le président iranien se pose en figure d'un monde musulman face à l'occident et à Israël. Un chemin dangereux, qui passe aussi, pour lui, par la maîtrise du nucléaire militaire. Un chemin dangereux pour la paix et pour l'équilibre dont cette région du monde a pourtant tant besoin.

    Le gouvernement iranien n'hésite pas à souiller la mémoire de l'humanité pour creuser le sillon de l'antisémitisme. Il ne suffit plus de s'indigner ou de condamner. L'heure est désormais venue des sanctions de la communauté internationale. L'europe, et à travers elle la France, ne peuvent tolérer qu'on jette le voile sur l'histoire et que l'on menace la paix déjà si fragile dans cette région.

    Le nazisme, les chambres à gaz, les camps d'extermination, les 6 millions de juifs disparus ne sont ni un mythe, ni une légende mais une réalité effrayante. Ils sont notre passé, notre histoire, celle de tout homme.

    Ce jeudi, plusieurs lycéens grenoblois s'envoleront pour la Pologne, leur destination sera Auschwitz. Ce déplacement, organisée depuis maintenant 3 ans avec la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, s'inscrit dans notre refus de l'oubli et du mensonge.

    C'est aussi une pierre dans notre combat pour la paix entre les hommes.

    Réaction aux propos de Georges Frêche

    Voici le texte du communiqué que j'ai adressé ce matin à la presse :

    "J’ai pris connaissance avec stupéfaction des propos inacceptables tenus par Georges FRECHE sur la présence de joueurs de couleur en équipe de France de football.

    Cette déclaration m’indigne. En distinguant les Français selon leurs origines, Georges FRECHE donne un caractère ethnique à la citoyenneté française et se détourne de la tradition républicaine.

    Le Parti Socialiste ne peut admettre qu'un de ses représentant profère des propos aussi résolument contraires à ses valeurs. Je souhaite qu'il soit pris acte dans les meilleurs délais que Georges FRECHE ne fait plus partie de la famille socialiste."

    Petites manipulations...

    Certains lecteurs très attentifs de la presse quotidienne régionale, ou des internautes au fait des blogs politiques grenoblois auront eu connaissance d'une "lettre ouverte" que Charles Descours, conseiller général UMP de Grenoble, prétend m'avoir envoyée, même si je ne l'ai jamais reçue. Cette lettre – que je me suis procurée – avait pour but de faire passer la troisième ligne de tramway pour un simple "tronçon" supplémentaire et de faire croire que les manifestations d'inauguration seraient une "ré-écriture de l'histoire" par les majorités actuelles puisque l'aventure du tramway aurait démarré en… 1983. Ce qui est tout simplement faux.

    Bien que n'ayant que peu de goût pour la polémique politicienne, j'ai jugé qu'il était normal de faire connaître l'intégralité de ma réponse. Vous la trouverez donc en pièce jointe.

    Download descours_inaug_tram3.doc

    Une occasion manquée

    La loi sur la recherche est passée en débat à l’Assemblée nationale. Dans la quasi indifférence de la population et la désespérance des chercheurs. Me reviennent en mémoire les Etats Généraux de la Recherche à Grenoble, qui se voulaient fondateurs d’un nouvel avenir scientifique pour notre pays mais dont l’actuel gouvernement a hélas choisi d’ignorer les préconisations.

    Ce n’est pas céder à un réflexe pavlovien de député d’opposition -quand une idée me paraît bonne, je l’approuve d’où qu’elle vienne- qui me fait enrager contre ce texte de loi. C’est la confusion qu’elle entretient qui me paraît préjudiciable.

    Confusion tout d’abord entre la recherche et l’innovation. La recherche est l’affaire des scientifiques, l’innovation celle des Entrepreneurs. La France est aujourd’hui en déficit dans les deux domaines. La recherche n’est plus assez dynamique mais les mauvais chiffres de notre commerce extérieur révèlent également les faiblesses de notre innovation, qui conduit trop souvent nos entreprises à produire du moyen de gamme, concurrencé par les pays émergeants. Aucun esprit sensé ne conteste le besoin de donner un second souffle à l’innovation, c’est l’une des principales conditions à notre croissance économique et au retour à l’emploi dans notre pays. Cependant aucun responsable politique ne devrait en tirer la conclusion simpliste que les recherches les plus théoriques n’ont plus aucun intérêt. Avec la logique de Dominique de VILLEPIN, l’Agence pour la recherche aurait choisi au XIXème siècle de financer des travaux sur l’amélioration de l’éclairage au gaz et aurait refusé d’aider la recherche sur l’électricité !

    Confusion, et c’est tout aussi grave, sur les niveaux de compétences où se décide la recherche en ce début de XXIème siècle. L’oubli de l’Europe est une constante des gouvernements de Jacques CHIRAC. Comment peut-on en 2006 arrêter des programmes de recherche qui ne s’articulent pas avec ceux de l’Europe, seul espace où nous atteignons la taille critique face aux Etats-Unis et demain face aux nouvelles puissances asiatiques ? Je maintiens que c’est au niveau européen que nous pourrons avancer de façon décisive dans nos secteurs de pointe, les télécoms, l’énergie, les transports ou les sciences du vivant.

    Confusion encore dans la politique, nécessaire, d’éveil des vocations scientifiques. La France manque de matheux et de scientifiques. C’est là une tendance lourde et qui se repère très tôt dans le choix d’orientation de l’Education nationale. Quand on pense à la recherche, on pense naturellement à l’Enseignement Supérieur. Or l’avenir se joue en réalité dans le secondaire. Si nous ne donnons pas dès le lycée le goût des mathématiques et des sciences à nos jeunes, ce retard-là ne sera jamais rattrapé à l’Université et nous en payerons durablement le prix. Cette évidence semble avoir malheureusement échappée aux responsables d’aujourd’hui.

    Confusion, enfin, dans la définition même de ce que doit être la recherche, ce qui est un comble pour un projet de loi sur ce sujet. Non seulement on sacrifie la recherche fondamentale au profit de la recherche appliquée mais on ignore de plus la recherche dans les sciences sociales et les sciences humaines ! Elles sont pourtant indissociables du développement scientifique en en créant les conditions sociétales. J’en veux pour exemple la liaison entre la recherche, l’innovation et l’emploi que nous avons suscitée à Grenoble avec la décentralisation. L’innovation n’est pas exclusivement scientifique, elle doit aussi être sociale. Là encore j’ai l’immodestie de croire que le modèle que nous avons collectivement mis en œuvre à Grenoble mériterait de faire des émules et qu’il devrait inspirer la politique du gouvernement. Car à oublier les conditions nécessaires au développement de la recherche et de la science, Dominique de VILLEPIN me fait penser à un chimiste qui s’étonnerait de rater ses expériences faute d’avoir versé la moitié des ingrédients dans son éprouvette.

    Intervention à l'Assemblée sur le budget des transports

    Une nouvelle fois, le projet de budget ressemble malheureusement à ceux présentés depuis 2002 par le gouvernement, et cela alors même que nos concitoyens, conscients des problèmes de pollution, de congestion, et confrontés eux-mêmes à la hausse du coût des carburants, utilisent de plus en plus les transports publics.

    Nos collectivités développent les transports collectifs pour diminuer la circulation automobile, comme nous l'impose la loi sur l'air. Les élus ont pris leurs responsabilités en adoptant des mesures courageuses concernant le stationnement, la réduction de l'espace accordé à la voiture et l'augmentation corrélative de celui dédié aux transports collectifs, aux vélos et aux piétons. Ils ont massivement investi dans les transports, qu'il s'agisse des infrastructures ou du matériel. Tous ces efforts portent aujourd'hui leurs fruits, mais ils ont un coût d'autant plus important que l'augmentation du prix de l'essence et du gaz renchérit la facture des transports collectifs routiers.

    Aujourd'hui, vingt-sept agglomérations ont des projets de transports en commun en site propre en cours ou en attente de réalisation pour les sept ans à venir. Cela représente un montant global estimé de 7,3 milliards d'euros. Même en se plaçant dans la logique gouvernementale, qui consiste à faire prendre en charge par les collectivités territoriales le coût de ces infrastructures, demeure la question du solde. Les collectivités hors Île-de-France attendent encore 650 millions d'euros pour des projets déjà pris en considération par l'État et éligibles aux subventions prévues par la circulaire du 10 juillet 2001. Or, depuis le budget de 2004, le Gouvernement a supprimé les aides aux transports collectifs de province.

    Certes, le Premier ministre a annoncé, lors de sa conférence de presse de rentrée, que l'AFITF interviendrait à hauteur de 100 millions d'euros pour le financement des infrastructures de transports collectifs urbains, tandis que, lors du comité interministériel d'aménagement et de compétitivité des territoires du 14 octobre 2005, le Gouvernement faisait part de sa volonté de relancer une politique de soutien ciblé en faveur des transports collectifs dans les grandes agglomérations. Belles intentions ! Mais l'attribution de 100 millions d'euros sur le budget pour 2006 de l'AFITF, en sus de l'enveloppe de 45 millions d'euros annoncée fin 2004, ne permet de couvrir que 30 % du montant attendu des subventions aux projets de TCSP - transports en commun en site propre - pris en considération par l'État.

    De plus, lors de son intervention à Avenir transport, le 18 octobre 2005, Gérard Longuet, président de l'AFITF, a défini le périmètre d'intervention de l'agence en précisant que les transports collectifs urbains n'en faisaient pas partie. Alors, qui croire, que croire ?

    Comme je l'ai indiqué au Ministre à Toulouse à l'occasion du congrès du GART, les élus locaux sont prêts à étudier toutes les hypothèses en matière de financement des transports collectifs urbains : affectation d'une partie de la TIPP, augmentation de l'assiette de la taxe professionnelle ou encore décentralisation du stationnement.

    Il faut pourtant faire vite  car ce ne sont pas simplement les collectivités territoriales qui font les frais de la politique gouvernementale mais toute la filière industrielle, et avec elle l'emploi, liée à l'avenir du transport.

    En dernier lieu, il paraît difficilement concevable que n'apparaissent pas dans ce projet de loi de finances les crédits permettant de compenser les coûts considérables de mise aux normes des réseaux de transports collectifs - qu'ils soient urbains, départementaux ou régionaux -, coûts induits par l'application de la loi pour l'égalité des droits et des chances des personnes handicapées. C'est pourtant l'un des grands chantiers du président de la République et un devoir de solidarité nationale. Alors que les responsables des collectivités locales sont prêts à en assumer leur part, comment expliquer qu'ils en supportent seuls la charge ?

    Leds enjeux de la politique des transports sont considérables. Une politique ambitieuse de promotion des transports publics est indispensable pour lutter contre les changements climatiques et la pollution atmosphérique, pour réduire notre dépendance énergétique, diminuer le bruit et l'insécurité routière, alléger enfin le poids que font peser les dépenses de transport sur le budget des ménages. Il n'est donc pas acceptable que l'État n'y consacre pas les moyens suffisants et se défausse, comme il le fait, sur les collectivités territoriales.

    Toutes ces raisons expliquent qu'il serait irresponsable de voter ce projet de budget qui ne répond à aucun des enjeux majeurs auxquels nos villes, nos agglomérations, nos départements et nos régions sont confrontés.