Visite amicale
Depuis plus de deux ans, nous travaillons ensemble sur Grenoble tant pour l’avenir des centres de santé que pour lutter contre les inégalités sociales dès la petite enfance (avec l’économiste Eric Maurin). Nous avons organisé ensemble le forum " la nouvelle critique sociale ", en partenariat avec la République des idées, et nous avons encore quelques beaux projets pour l’avenir… tant pour Grenoble que pour le débat d’idées national.
Lorsque Martin Hirsch a décidé d’accepter de prendre la responsabilité de " haut commissaire " au sein du gouvernement, j’ai fait partie de ceux qui ont échangé avec lui, comprenant sa décision sans l’approuver. Il était donc naturel pour moi de l’inviter sur Grenoble pour son premier déplacement officiel, pour marquer que le fil n’est pas rompu, que son choix ne fait pas de lui un paria. Je distingue en effet ceux qui ont tourné le dos à un engagement militant de nombreuses années, ceux qui ont été élus ou ont gouverné au nom d’un parti politique, d’une personnalité comme Martin Hirsch dont l’indépendance d’esprit n’est pas la moindre des qualités. Je le dis tout net, sa décision personnelle est aussi révélatrice de la situation de la gauche. La lettre de mission très ambitieuse que lui a dressé le Président de la République (lui demandant de réduire de 30% la pauvreté sur 5 ans) est en tout cas cohérente avec sa pensée et son action.
Pour autant, je crains que Martin se soit engagé dans une aventure qui deviendra vite une impasse. Que fera-t-il lorsque les réformes judiciaires, sécuritaires, anti-étrangers ou chaque jour plus inégalitaires heurteront de plein fouet ses valeurs ? Que penser des 25 millions prévus pour expérimenter le RSA lorsque 13 milliards d’exonérations fiscales sont consenties au bénéfice quasi-exclusif des plus riches ? Tout dépendra du rapport de force que Martin Hirsch saura créer au sein du gouvernement. Je sais ses talents pour peser au cœur de l’appareil d’Etat, et je ne doute pas de sa détermination. Mais il sera jugé sur ses seuls résultats, sur sa seule capacité à représenter plus qu’un supplément d’âme social, qu’un îlot de solidarité au milieu d’un océan ultra-libéral, bref qu’un alibi " de gauche " à une politique très inégalitaire.
En attendant cette échéance des premiers résultats, Martin Hirsch est venu dialoguer à Grenoble avec des acteurs de l’insertion au Plateau, à Mistral. L’occasion de lui présenter l’opération " 100 jeunes, 100 emplois " menée en partenariat entre la Ville et Schneider Electric, de lui présenter l’action menée par les pôles emplois pour l’insertion des RMIstes, et d’entendre un témoignage très émouvant sur l’action " mobilité femmes ", qui offre, à l’initiative du centre social Mistral, des formations préalables au permis de conduire à des femmes éloignées de l’emploi, comme un premier pas.
Puis nous avons réuni les principaux responsables et partenaires des centres santé pour une réunion de travail passionnante autour du premier bilan, justement, de l’action de " Solidarités actives " que nous avions initiée l’an passé. Pour la première fois, nous avons pu mesurer scientifiquement les intérêts de la prise en charge des patients par les centres de santé, à la fois au plan sanitaire et au plan financier, au moment où l’assurance maladie est de nouveau en crise. Martin Hirsch a fait part de son engagement à suivre personnellement la situation des centres de santé dans le cadre de ses responsabilités gouvernementales, ce qui est un motif d’espoir pour tous ceux, dont je suis, qui se battent depuis des années pour que l’action exemplaire des centres de santé soit reconnue et pérennisée au plan national.
Une visite autant amicale que porteuse d’espoir sur un sujet essentiel de la vie quotidienne de milliers de grenoblois, qui marque ma détermination à toujours privilégier l’ouverture aux talents et aux innovations au service de l’intérêt général.

A l'attention de : Bureau National du Parti Socialiste & Premier Secrétaire
Nous, militants de base du parti socialiste, réclamons une consultation directe, soit un vote des adhérents en section, afin d'avancer le calendrier du prochain congrès : la rénovation doit commencer sans attendre, elle ne s'accomplira pas du jour au lendemain.
Selon le titre 6 des statuts du parti, il suffit que 15% des adhérents demandent cette consultation sur la date du congrès pour qu'elle ait lieu :
6.11 Consultation directe des adhérents
Sur proposition du (de la) premier(e) secrétaire du Parti,
du bureau national,
de 35 fédérations,
ou A LA DEMANDE D'AU MOINS 15% DES ADHERENTS...
Imposez-vous dans le débat ! Signez la pétition, faîtes-la signer autour de vous, exigeons la tenue d'un congrès anticipé et redonnons la parole aux militants !
Rédigé par: SOS PS | le 19 juillet 2007 à 14:12
je partage tout à fait votre point de vue, et votre pessimisme...
Rédigé par: Pitiot | le 23 juillet 2007 à 09:13
Je partage ton analyse, Michel. Oui, Martin Hirsch est vraiment quelqu'un de bien, qui sait mettre une stature intellectuelle et professionnelle au service d'une cause difficile et sans fin.
Mais tout comme toi, je suis convaincu que depuis longtemps, le Parti socialiste ne sait pas et n'a pas su retenir ses meilleurs talents et ne sait pas leur offrir des débouchés tant en terme d'action politique qu'en terme de carrière.
Par ailleurs, nous nous vantons d'être plus à gauche qu'ailleurs, or, nous sommes aussi ceux qui sont le moins souvent au pouvoir. Et moins on exerce le pouvoir, moins on agit pour ceux qui souffrent, car l'action associative et humanitaire ne suffit aucunement pour faire vivre nos idéaux de justice. Il faudra bien un jour que le PS et la gauche comprennent que se montrer plus à gauche importe moins que d'être mieux à gauche.
Bien amicalement à toi
Rédigé par: Jérôme Perronnet | le 23 juillet 2007 à 10:06
Monsieur,
La décsion , qui remet en cause les décisions du Conseil national de la résistance sur le droit à la santé et l'instauration de la sécurité sociale , de taxer 50 euros par an chaque citoyen sans référence aux revenus est le pied pour pour nous montrer que la dictature par les urnes a commencé.
Vous avez dit "identité nationale et immigartion" honte à ceux qui cautionnent un telle ministère.
Rédigé par: michel | le 01 août 2007 à 20:34