Disparition du général Le Ray
J'ai assisté hier à Paris aux obsèques du général Alain le Ray dont j'ai appris la disparition la semaine dernière avec une très grande peine.
Au nom de la Ville de Grenoble, ville compagnon de la Libération, je veux saluer avec respect la mémoire du premier chef militaire du Vercors, devenu chef des FFI en 1944 et comptant à ce titre au rang des premiers libérateurs de notre ville. Alain le Ray nous laisse l'exemple d'un grand patriote. Ce fin lettré, gendre de François Mauriac, s'était engagé dès les années trente dans l'armée française pour combattre le danger nazi, qu'il avait pressenti avant bien d'autres. Fait prisonnier en 1940, Alain le Ray n'accepta jamais de renoncer à combattre. Il fut le premier prisonnier à s'évader de la forteresse de Colditz dont il était admis que personne ne pouvait s'échapper.
Alain Le Ray manifesta dans la Résistance un sens du commandement exemplaire mais aussi un louable souci d'épargner aux populations civiles du Vercors de trop lourds sacrifices. Commandant des FFI en 1944, Alain Le Ray (dit Commandant Bastide) organisa la Libération de Grenoble et de l'Isère en liaison avec les forces alliées. Le chef de la Résistance iséroise s'imposa par sa volonté d'union de toutes les composantes de l'armée des ombres en faisant toujours prévaloir les hommes sur les idées.
Les combats de cet officier alpin jusqu'à la fin de la guerre pour rétablir l'honneur de la France et son action sur tous les théâtres d'opération extérieurs sont entrés dans la légende. Je veux lui rendre à ce titre un sincère hommage. Alain Le Ray était devenu un ami. La même passion de la montagne nous réunissait. J'avais une grande admiration pour le fondateur de l'Union des Troupes de montagne. J'aimais sa hauteur de vue morale et son indépendance d'esprit jamais démenties.
Pour lui rendre l'hommage qu'il mérite, j'ai également convenu avec ses proches qu'une exposition en sa mémoire serait organisée à l'occasion du prochain anniversaire de la libération de notre ville, à la fin du mois d'août prochain.

Je ressens moi aussi quelque émotion, ayant travaillé 5 ans aux côtés du Colonel Dubois (près de vous sur la photo et disparu lui aussi il y a peu de temps) et du Général Loustalot Forest,au Musée des Troupes de Montagne en tant que chargée du développement de la revue historique les Cahiers des Troupes de Montagne. C'est une mémoire qui s'éteint, des hommes qui s'en vont peu à peu, dont la vie fut passionnante et souvent émaillée d'aventures époustouflantes, mais surtout des hommes dont on ne peut, si on ne les a pas approchés, soupçonner la grande humanité.
Rédigé par: martine | le 15 juin 2007 à 07:03